
De la bourgogne du soleil à la roche de Vergisson
Balade avec Catherine, Anne Marie et Olivier.
Essayez de nommer chaque plante avant de voir le titre de la photo.

« Ajuga » vient du latin a (privatif) + jugum (joug) = corolle sans lèvre supérieure.
La bugle pyramidale est une Lamiacée. Sa tige dressée, non ramifiée, est sans rejet, de section carrée. Elle est poilue sur les quatre faces. Ses feuilles sont courtes et très poilues. Sa fleur est violette avec 2 lignes blanches.
N.B. : Peut être confondue avec la bugle rampante +NOTES DE TERRAIN + JESSICA.
Poilue sur 2 faces seulement, elle possède de longs rejets rampants feuillés.

N.B. Elle peut être confondue avec la Bugle de Genève qui préfère les sols plus secs et moins riches et qui est pubescente sur chacune de ses quatre faces et ne présente pas de stolons rampants. Comparaison.
Bilan : la bugle rampante, la + fréquente, est la seule à être poilue sur 2 faces et à posséder des stolons.
Elle est reconnue pour ses vertus astringentes et vulnéraires. Les 2 autres sont poilues sur 4 faces.
La bugle pyramidale a un port pyramidal comme un sapin, (il est espacé chez la bugle de Genève) et ses feuilles sont souvent teintées de rouge (anthocyanes protecteurs) lorsqu’elles sont jeunes (partie supérieure).

N.B. : Le bugle est également un instrument de musique à vent de la famille des cuivres*, en forme de trompette. Il est utilisé dans les orchestres, les fanfares, les groupes de jazz …
Fabriqué en laiton, un alliage de zinc et de cuivre.
De l’anglais bugle, désignant un instrument de musique fait d’une corne de buffle. En ancien français, le mot bugle désignait un buffle.

Anthocaris cardamines sur Cardamine pratensis. (Aurore mâle sur Cardamine des près).
Voir 1 + Voir 2 + Jessica.

Plante de 10-30 cm, vue vers le sommet de Vergisson où elle colonise les rocailles calcaire sèches et chaudes. Elle forme de petits tapis aux tiges dressées, hérissées de poils, elle est ligneuses à la base.
Les feuilles sont très velues, imparipennées. Les fleurs rose pourpre sont très odorantes.
N.B. : Cette espèce est protégée en Bourgogne. La floraison débute vers la fin avril.

Étymologie du grec asplenios ; plante supposée guérir les maladies de la rate. Environ 700 espèces, 20 en France.
C’est une fougère héliophile des falaises et rochers siliceux (rupicole typique persistante l’hiver).
Elle est plus fréquente en montagne. Ses frondes forment des lanières divisées en deux ou trois fourches.
Elle présente un port compact et étalé, ne dépassant généralement pas 15 à 20 cm de hauteur.
L’Asplénium du nord joue un rôle écologique important dans les écosystèmes rocheux montagnards et alpins. En effet, cette fougère colonise les fissures des rochers et les parois où elle favorise l’accumulation de terre végétale. Elle contribue à la formation progressive de microhabitats en offrant un refuge et une source de nutrition pour les petits arthropodes et les insectes qui constituent la base des chaînes alimentaires locales.
N.B. : Ses frondes sont l’un des ingrédients du ratafia de Catalogne.
FloreAlpes + Espèces voisines + Jean-marc-gil.

Photo 1 : Observez les stigmates (3/utricule) fanés au dessus des utricules ainisi que les étamines fanées au niveau de l’épi mâle.
Photo 2 : Tige et feuilles; Photo 3 : par Flore Alpes fleurs avant fanaison, Photo 4 : Détail feuilles (pour voir la strialtion).
Carex halleriana Asso,1779, Laîche de Haller. (10-40 cm).
Forme une souche gazonnante dense. Feuilles étroites (2-3 mm), striées, rudes, épi mâle terminal solitaire, roux et blanc, épis femelles à utricules globuleux, pauciflores, collés à l’épi mâle et subsessiles. Orchid-nord. Bractées engainantes, à pointe herbacée. Observez l’écaille brune associée à chaque utricule vert (photos 1 et 3).
Lieux arides, pelouses sèches et bois clairs, sur sol calcaire. Fréquent dans le midi.
Voir : Quelques Carex rencontrés lors de nos sorties.

Voir orchid-nord.

FloreAlpes : Le genêt poilu doit son nom à la fine couche de duvet qui couvre principalement le dos de ses fleurs. Ces dernières sont d’un jaune éclatant et dégagent un agréable parfum.

FloreAlpes : La couleur carmin des fleurs de ce géranium empêche toute confusion avec d’autres espèces. Ses feuilles orbiculaires, très profondément palmatipartites sont découpées en lanières et deviennent rouges en automne, d’où l’allusion au sang. Cette plante vivace affectionne les sols secs et chauds comme les pentes de la roche de Vergisson où elle est implantée depuis de très nombreuses années.
Le fruit est formé de cinq capsules poilues. Elle se développe à partir d’un rhizome épais et horizontal.
Le Géranium sanguin joue un rôle important dans les écosystèmes herbacés et les habitats semi-naturels. Ses fleurs rose carmin, de 2,5 à 3,5 cm de diamètre sont solitaires attirent un large spectre de pollinisateurs, notamment les abeilles sauvages, les bourdons et diverses espèces de syrphes, contribuant ainsi à la biodiversité des zones où il s’établit.
N.B. : le géranium sanguin est cultivé comme plante médicinale (Bulgarie) et comme plante ornementale.
Espèce protégée en régions Basse-Normandie, Centre, Champagne-Ardennes, Lorraine, Picardie.

Globularia bisnagarica. Globulaire commune, Globulariaceae / Plantaginaceae.
Ici, elle abonde dans les prairies rocailleuses ensoleillées sur nos sols calcaires.
Ressemble beaucoup à G. vulgaris chez qui les feuilles sont rigides au toucher (souples pour Bisnagarica). Chez les 2, la tige, qui s’allonge considérablement à la fructification, est droite et porte de nombreuses petites feuilles sessiles et aiguës. Au contraire, les feuilles basales sont pédonculées et en spatule.

Voir sur ce blog : Quelques Hélianthèmes.
L’Hélianthème des Apennins est un sous-arbrisseau vivace ramifié à la base, d’une hauteur de 15 à 50 cm. Tige étroite et velue, ligneuse à la base. Se rencontre dans les lieux rocheux ou herbeux sur sols calcaires. Abondant sur les pentes des roches de Vergisson et de Solutré. Feuilles à très court pétiole, opposées, entières, très étroites (elliptiques à linéaires), plus ou moins enroulées sur les bords, de couleur vert grisâtre en raison de leur importante pilosité :

Comparaison avec Helianthemum violaceum par Jessica :


Coronille arbrisseau, Faux baguenaudier, (Hippocrepis emerus), Fabacée.
Les pétales de la fleur (jaune) semblent pédonculés, laissant un large espace entre eux.
Ses feuilles ont deux à quatre paires de folioles ovales, la foliole terminale étant pus grande que les autres. En vieillissant, l’écorce verte se pare de croûtes beiges longitudinales bordées d’un liseret marron.


– Muscari comosum (L.) Mill., 1768, parfois Leopoldia comosa (L.), Hyacinthacée /Asparagacée.
L’inflorescence est une grappe de fleurs sans odeur, en forme de grelot de couleur violette.
Comosum est dérivé de coma « chevelure » fait référence à la « coiffe » de fleurs stériles longuement pédiculées lui donnant un aspect de toupet.
Les Muscaris doivent leur nom au Muscari musqué (Muscari macrocarpum), une plante moitié turque, moitié crétoise, dont les fleurs jaunes et pourpres dégagent une odeur de «musc».
Sauvages du Poitou : si la Sauvage se coiffe avec un pétard, c’est sans doute pour augmenter ses chances d’attirer les butineurs qui trouveront finalement le précieux nectar dans ses fleurs fertiles, plus discrètes.


FloreAlpes : Ce muscari est plus petit que le muscari à toupet mais se rencontre beaucoup plus souvent, et fleuri plust tôt en saison. Ses fleurs sont en grappe terminale, composée pour la majorité de fleurs stériles. Les feuilles sont très étroites, semi-cylindriques marquées d’un sillon central. Bulbe* principal assez gros et entouré de nombreux petit caïeux. A ne pas confondre avec le muscari botryoide, aux feuilles larges et plus courtes que la tige, et aux fleurs plus rondes, sensiblement aussi larges que longues.
N.B. : Jusqu’au XIXe s., bulbe était féminin quand il désignait l’oignon d’une plante (une bulbe de tulipe) et masculin quand il désignait la partie renflée d’un organe (le bulbe rachidien).

Ophrys aranifera, (ex Ophrys sphegodes), Ophrys araignée.
Labelle arrondi de + d’1cm, de teinte sombre, présentant une macule centrale en forme de H, AracHnides généralement 2 gibbosités (bosses plus ou moins pointues) et une pilosité sur la marge. Observez le jaunissement du labelle des fleurs inférieures (plus anciennes).
Biotopes : sols calcaires, secs à frais, toujours en pleine lumière. LIEN 1. Photos : P. Goujon – flore-en-ligne.fr. LIEN 2.
N.B. : Rare, méridionale elle fleurit à partir du mois d’avril.

Il s’agit de Potentilla sterilis, la Potentille faux fraisier qui ressemble beaucoup au Fraisier des bois (Fragaria vesca). Elle s’en différencie par le nombre de dents sur les folioles: moins de 15 pour la potentille, plus de 15 pour le fraisier. En outre, la dent terminale des folioles est en général beaucoup plus courte que ses deux voisines.
N.B. : La plante n’est pas du tout stérile.


Les différences se font sur:
-La pilosité du pétiole et du calice,
-Les dents des folioles,
-La forme des étamines et des pétales.
Potentille faux fraisier vue le 16 mars 2025: Prospection sur la teppe et le bois de Fée. (Plante 10)
Rappel des caractéristiques de la plante par Jessica.


Primula elatior, Primevère élevée, ou Primevère des bois, et Primula veris, Primevère officinale, Primulacées. P. elatior : fleurs jaune soufre, P. veris jaune doré et pétales peu échancrés. Elles sont portées par un pédoncule long et tomenteux. Comparaison des 2 espèces par Pierre Goujon.


La renoncule bulbeuse tire son nom de son caractère distinctif : une tige souterraine (ou rhizome) gonflée comme un bulbe et située juste en dessous de la surface du sol (Photos 2 et 3).
Après la fanaison de la plante à la chaleur de l’été, le rhizome survit sous terre pendant l’hiver.
Voir : Balade botanique semaine 10 (3 au 9 mars 2025) :

Par fleurs sauvages de l’Yonne.
Observez les feuilles basales très longuement pétiolées, très différentes des feuilles caulinaires.

Inflorescence de Sesleria caerulea, la Seslerie bleue, Poacée poussant en touffes parfois épaisses, cette Poacée stabilise les pentes des sols secs, rocailleux et les pelouses sèches sur sols calcaires des 2 roches de Solutré et Vergisson. Cette graminée y est très courante, elle est facilement reconnaissable à son épi floral assez court lavé de bleu foncé, aux reflets métalliques vers le sud (réaction contre les U.V.) et vert de l’autre.
N.B. : Attention, ses feuilles fines et coriaces peuvent être coupantes.

FloreAlpes : Magnifique tulipe originaire d’Asie introduite vers le XVIIIème siècle et depuis naturalisée dans le sud de la France. Elle se reconnait à sa couleur rouge et à ses tépales acuminés (terminés en pointe), les extérieurs plus longs que les intérieurs. L’intérieur de la fleur est maculé de noir bordé de jaune. Les macules sont allongées, surtout les externes, à la différence de celles de T. raddii dont les macules sont courtes, arrondies et toutes de même taille.

Tulipa sylvestris subsp. sylvestris, Tulipe des bois, Liliacée. A ne pas confondre avec la tulipe australe Tulipa sylvestris subsp. australis dont le dos des tépales sont rougeâtres et non verdâtres (photo1).
Cette tulipe sauvage est une espèce végétale rare et protégée, surtout liée aux vignes, dont la
présence dépend de certaines pratiques culturales, notamment le cavaillonnage-décavaillonnage.
Depuis les années 1970 et les changements survenus dans les pratiques viticoles, avec l’usage quasi généralisé de produits phytosanitaires et l’évolution des techniques du travail du sol, l’espèce connaît une très forte régression et a pratiquement disparu du vignoble. La reproduction végétative par bulbilles (caïeux), qui donnent naissance à de nouveaux bulbes est le mode de dissémination principal, la production de graines pouvant être très faible, voire nulle, c’est pour cela que cette plante forme de véritables colonies qui s’étendent d’une année sur l’autre dans un mileu favorable.
Pour aller plus loin…
N.B. : J’ai sensibilisé la maire de Chasselas et son cantonier en mars 2024 afin de protéger cette espèce.
Voir : Sortie botanique du 23 mars 2024 à Chasselas.
