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Voyage au Maroc, J2 (23 nov. 25)

Voyage au Maroc, J2 (23 nov. 25)

De Chefchaouen au gîte de la belle étoile à Ouazzane, au dessus du lac Bouderoua …

On prend la R412 pour redescendre vers le sud.
Autour de la station service de Dardara :

1 : Quercus suber, le Chêne liège, une Fagacée :

Extrémité de rameau à gauche et troncs écorcés pour en extraire le liège à droite..
Tronc non écorcé à gauche et détail de l’écorce épaisse, longitudinale et craquelée, caractéristique du chêne liège à droite.

Nous avons pu observer de nombreuses suberaies le long de la route au cours de notre voyage.
Portugal, Espagne, Algérie et Maroc représentent 91 % de la suberaie mondiale.
L’écorce remarquable du chêne-liège, en plus de réduire les pertes d’eau, est une adaptation aux incendies : la sélection naturelle a favorisé cette espèce car le liège est un excellent isolant et le feu n’atteint pas l’aubier, la partie vivante sous l’écorce. 
Le liège produit directement par l’arbre est le « liège mâle », crevassé et de moindre qualité ; on doit l’enlever, c’est l’opération de « démasclage » qui se fait dès que le tronc atteint 70 cm de circonférence. Le nouveau liège qui se forme est le « liège femelle » ou « de reproduction », que l’on lève tous les 9 à 15 ans (selon les régions), quand l’épaisseur voulue est atteinte, environ 3 cm. Le prélèvement de l’écorce s’effectue la première fois lorsque l’arbre atteint l’âge de 25 ans. Le temps de reconstituer une nouvelle assise de liège (tous les 9 à 10 ans), et on le découpe à nouveau, toujours en juillet et août, quand l’arbre est en sève.

2 et 3 : Cistus salviifolius et Cistus monspeliensis, 2 Cistacées :

2 : Cistus salviifolius, le ciste à feuilles de sauge.
N.B. : Vu en mai 23 dans : Plantes du bord du lac à LACANAU.
Originaire du bassin méditerranéen et du Caucase.
Petit arbuste ramifié pouvant atteindre 1 m de hauteur. Sa croissance est assez lente, la plante meurt au bout de 10 à 12 ans. La floraison a lieu au printemps ou en début d’été (d’avril à juin) selon le climat, et dure un mois environ. Les fleurs presque blanches, en corolles rondes bien ouvertes, de 4 à 5 cm de diamètre, sont rehaussées au cœur par de nombreuses étamines jaune vif. Elles vivent à peine une journée, couvrant le sol de leurs pétales en fin d’après-midi, mais seront déjà remplacées le lendemain matin. Le feuillage, persistant, est composé de feuilles qui ressemblent à celles de la sauge officinale. Elles sont arrondies, fortement gaufrées, rugueuses et profondément nervurées, tomenteuses, de couleur vert-gris assez foncé. Espèce de sous-bois sec, exige une terre parfaitement drainée, caillouteuse ou sableuse.

Le Ciste à feuilles de sauge possède des poils étoilés sur ses feuilles et ses tiges :

Par https://notesdeterrain.over-blog.com/

3 : Cistus monspeliensis, le Ciste de Montpellier, un autre arbrisseau de la garrigue chez nous.
Son feuillage persistant vert et tomenteux est composé de feuilles lancéolées, rugueuses, réticulées, simples, trinervées, et sans pétiole net. Ses fleurs sont formées de 5 pétales blancs parfois colorés de jaune à leur base et sont très parfumées.

Les cistes ont des fleurs ressemblant aux églantines (famille des Rosacées).
Quels sont les critères qui nous permettent de classer les Cistes dans la famille des Cistacées et non dans celle des Rosacées ?

4 et 5 : Lavandula stoechas (Lamiacée) et Erica arborea (Ericacée) :

4 : Lavandula stoechas, Lavande papillon, Lamiacée, la plus connue après la lavande vraie (Lavandula angustifolia).
Arbrisseau aromatique très ramifié au feuillage feutré blanc-gris dense, jusqu’à 1 m de haut.
Il porte les plus grosses fleurs du genre des lavandes. Répandue autour du Bassin méditerranéen, plus précisément des îles d’Hyères, ou Stoëchades (ce qui signifie rangées en ligne).
Ses fleurs parfumées de couleur violet foncé apparaissent de mai à juillet et sont surmontées de deux bractées violettes rappelant des ailes de papillon.
Fleurs et feuilles sont comestibles et peuvent être utilisées en salade, infusées dans du lait, de la crème ou de l’eau pour en faire des sauces, des bouillons des marinades, des desserts (sorbet, sirop, flan, salade de fruits…) ou même des liqueurs.
Elle fait partie des cinq principales plantes utilisées par la Mésange bleue pour protéger son nid contre les parasites.

5 : Erica arborea, la Bruyère arborescente; Bruyère à fleurs blanches, Ericacée.
Vue lors de l’Escapade dans les calanques de Cassis (1er juin 23).
Ses rameaux sont velus, cotonneux, contrairement à la bruyère à balais (Erica scoparia) avec laquelle elle est parfois confondue. Arbuste plus qu’arbrisseau, la plante atteint couramment deux mètres de haut et jusqu’à quatre mètres en sous-bois.
Sa souche est utilisée dans la confection des fourneaux de pipes (pipes de bruyère).
Répartition.

6 : Putoria calabrica, Asperula calabrica, Plocama calabrica, la Putorie de Calabre ou Garance de Calabre, une Rubiacée originaire de la région méditerranéenne, déjà vue en J1.
Un sous-arbrisseau au port tapissant et au feuillage persistant.

Putoria calabrica, une plantre annoncée envahissante par les locaux

Plante envahissante et plante invasive : de quoi parle-t-on ?

Il faut distinguer une plante « envahissante » d’une plante « invasive », ces deux termes désignant deux réalités distinctes :

  • Les plantes envahissantes colonisent rapidement un espace, mais sans pour autant causer de dommages écologiques majeurs. Elles peuvent être locales ou exotiques.
  • Les plantes invasives sont quant à elles des espèces exotiques introduites qui prolifèrent au détriment de la biodiversité locale, et qui perturbent l’équilibre des écosystèmes.

7 et 8 : Viburnum tinus (Adoxacée) et Lonicera implexa (Caprifoliacée) :

7 : Viburnum tinus, la Viorne tin vue en J1. (Plante n°10)
8 : Lonicera implexa, le Chèvrefeuille des Baléares ou Chèvrefeuille entrelacé,  vu lors de l’Escapade dans les calanques de Cassis (1er juin 23).

9 : La récolte des olives : le gaulage. (Photo de droite, une femme est dans l’arbre)

10 : Cistus albidus, Ciste cotonneux ou Ciste blanc, Cistacée (plante n°5 du J1) :

Vu aussi lors des Balades autour de Cassis, le 16 septembre 2025.

11 : Olea europea subsp. europaea var. sylvestris, oléastre ou olivier sauvage, à l’origine de l’Olivier cultivé :

Il est considéré comme une ressource génétique importante pour la culture de l’olivier. L’olivier et ses variétés cultivées descendent bien de l’oléastre et de sa culture depuis le Néolithique.
L’oléastre sert de porte-greffe à de nombreux cultivars d’oliviers cultivés.
Ses feuilles sont petites et arrondies, ses rameaux raides, courts et épineux, ses fruits petits.

12 : Asparagus horridus (Asparagacée) et Picnomon acarna (Astréracée) :

12 : Asparagus horridus, Asperge horrible, Asparagacée.
Flore Alpes : Asperge tenant son nom de ses cladodes (rameaux tenant lieu de feuilles) très épineux. Ces derniers sont solitaires et non en faisceaux. Se rencontre dans les maquis et les zones arides.
Wikipédia : C’est une plante grimpante. Elle possède des feuilles simples et larges et des fruits charnus. Les individus peuvent atteindre 1 m de hauteur.

13 : Picnomon acarna, Circe acarna, unique représentant du genre.
Les fleurs de la tête sont toutes tubulaires (le type ligulé, présent dans la majorité des astéracées, est ici absent).
Flore Alpes : Proche des cirses, elle se reconnait à son port généralement très ramifié, ses feuilles nombreuses et très épineuses, ainsi que ses petits capitules cylindriques entourés de nombreuses bractées.
Considérée comme un ravageur des cultures agricoles. Une fois implantée sur un certain territoire, elle rivalise surtout avec les cultures céréalières en les étouffant. Elle peut également présenter des problèmes de pâturage, car ses épines acérées éloignent les moutons et autres animaux, limitant ainsi les zones de pâturage.

14 : Daphné gnidium, Daphné garou, Thyméléacée vu en J1 dans le jardin de notre gîte.

Le fils d’Ahmed nous explique que l’on utilise les tiges ligneuses de la plante (Photo1) on les casse, puis on les jette dans l’eau pour capturer les poissons car cela les priverait d’oxygène.

15 : Arbutus unedo, l’Arbousier, une éricaée déjà vue :
2023 : Balades autour de Cassis, le 16 septembre 2025.
2023 : Semaine 31 : Visite de la réserve de l’étang COUSSEAU à côté de LACANAU.
2023 : Semaine 31 : Balade autour du lac de LACANAU.

16 : Quercus ilex, Chêne vert ou Yeuse. Fagacée.
vu Balades autour de Cassis, le 16 septembre 2025

17 : Clinopodium nepeta, Clinopode nepeta, Lamiacée, Vu en J1

18 Juniperus oxycedrus, genévrier oxycèdre et 19 Lavandula stoechas, la Lavande papillon.

18 Juniperus oxycedrus, genévrier oxycèdre, genévrier cade, Cupressacée.
Caractéristique des garrigues et des maquis méditerranéens.
Arbre pouvant atteindre 14 mètres, mais dont les dimensions sont en général beaucoup plus modestes (1 à 2 mètres, parfois moins). Écorce grise ou rougeâtre, plutôt rugueuse. Feuillage persistant se présentant sous forme d’aiguilles. Ces aiguilles, à pointe fine et piquante, sont disposées en verticilles de 3 sur 6 rangs. Leur face supérieure porte deux bandes blanches stomatales (rangée de stomates), ce qui permet de faire la distinction avec le genévrier commun (aiguilles à une seule bande blanche).

19 Lavandula stoechas, la Lavande papillon, Lamiacée.
Une des nombreuses espèces de lavandes existantes, la plus connue après la lavande vraie (Lavandula angustifolia). Elle porte les plus grosses fleurs du genre des lavandes.
Elle forme un arbuste buissonnant, une touffe compacte arrondie, très florifère, qui trouve ses origines dans le pourtour méditerranéen, plus précisément dans les îles d’Hyères, les Stoechades.
Ses fleurs parfumées de couleur violet foncé apparaissent de mai à juillet et sont surmontées de deux bractées violettes rappelant des ailes de papillon.

20 : Cistus crispus, Ciste crispé, Cistacée.
FloreAlpes : Ciste à fleurs d’un beau rose vif, plus petites que celles de C. albidus l’autre ciste à fleurs roses présent en France continentale. Tient son nom de ses feuilles ondulées sur les bords. Nervures longitudinales bien visibles. Plante prostrée à port étalé des maquis sur sols acides.
Ses feuilles gris-vert sont ondulées, de forme oblongue à elliptique, mesurant généralement de 1 à 4 cm de long sur 4 à 15 mm de large. Elles présentent trois nervures saillantes et sont recouvertes d’un mélange de poils étoilés courts et de poils simples plus longs.

21 et 22 : Smilax aspera (Smilacacée) et Pistacia lentiscus (Anacardiacée) :

21 : Smilax aspera, Salsepareille, Smilacacée (monocotylédonne).
Voir : Escapade dans les calanques de Cassis (1er juin 23).

22 : Pistacia lentiscus, Pistachier lentisque, Anacardiacée.
Voir Balades autour de Cassis, le 16 septembre 2025.

23 : Eucalyptus camaldulensis, « le gommier rouge », Gommier de Camaldoli ou Gommier des rivières,  Myrtaceae. Le gommier rouge doit son nom à son bois d’un rouge brillant.
Le genre Eucalyptus inféodé à l’Australie compte plus de 800 espèces, parmi lesquelles on trouve les plus hauts feuillus du monde.

Arbre à feuilles persistantes, originaire d´Australie où il est largement répandu au bord des rivières de l’intérieur du pays où il se nomme River red gum. E. calmadulensis aurait été décrit pour la première fois à Camaldoli en Toscane grâce aux moines de l’ordre monastique Camaldulessitué dans la haute vallée de l’Arno, l’eucalyptus avait été planté près du monastère ! C’est un arbre de près de quarante à cinquante mètres de hauteur dont la cime est étalée ; son écorce se détache en larges plaques (photo 3), et son bois est d’une belle couleur rose-rouge nuancée ; d’où son surnom, « le gommier rouge ». Ses feuilles adultes (de 5 à 30 cm de long sur 1 à 3 cm de large) sont lancéolées, allongées alternes et un peu arquées (photo 1). Le feuillage juvénile ( 8 à 18 cm de long sur 1,3 à 2,5 cm de large) est constitué de feuilles opposées. L’huile essentielle de ce “gommier rouge” est une des plus douce des eucalyptus. 
N.B. : Napoléon, l’a introduit en Corse afin d’assécher les marécages.

24 : Ruta montana, Rue des montagnes, Rutacée.
Feuillage persistant, vert bleuté, très finement découpé. Plante vivace ligneuse à la base dont les feuilles sont généralement regroupées à la base des branches formant ainsi des touffes denses.
Fleurs entièrement jaunes à 4 pétales.
Origine : Pourtour méditerranéen et du Maroc au Caucase.

Photo 1 : Base ligneuse portant des feuilles découpées en fines lanières (odeur désagréable). Photo 2 : Fruits capsulaires à 4 lobes arrondis.

25 : Dittrichia viscosa, Inule visqueuse, Astéracée. Vue en J1.

26 : Olea europea subsp. europaea var. sylvestris, rameau sain à gauche et parasité par la tuberculose de l’olivier causée par Pseudomonas savastanoi à droite.

27 : Icerya purchasi, la cochenille australienne sur Melissa officinalis, la Mélisse officinale :

27 : Agave cisalana, ou Sisal, Agavacée :

Doit son nom à la ville portuaire de Sisal (Yucatán, sud-est du Mexique) d’où était expédiée, par bateau, cette fibre végétale dans le monde entier. On les obtenait par défibrage (extraction puis séchage de la fibre contenue dans la feuille). Voir article : Une plantation de Sisal au Mexique
Le sisal fit la richesse de la région centrale du Yucatán entre la fin du xviiie siècle et les années 1920, notamment avec le marché des liens pour moissonneuses-lieuses.
Ses applications sont variées : cordages maritimes, tapis, matériaux composites automobiles, isolation du bâtiment et géotextiles anti-érosion, moquettes, vêtements … Voir plus
N.B. : D’autres espèces d’agaves fournissent aussi du sisal. Pour aller plus loin.

28 : Ranunculus bullatus, Renoncule boursouflée, Renonculacée.
Renoncule à floraison très tardive (presque hivernale : elle est en pleine floraison alors que nous sommes le 23 novembre!), caractérisée par ses tiges simples et ses feuilles presque toutes basales, ovales, dentées et à nervures longitudinales fortement marquées. Pétales jaunes, brillants et rainurés
Absente de France continentale.

Ranunculus bullatus subsp. supranudus (Jordan & Fourr.)

Il est temps de filer vers notre gîte du soir …

Auteur/autrice

  • Biologiste amateur et photographe amateur, amoureux de la nature, je partage ici mes observations faites au cours de mes promenades.
    Ce blog est dédié à tous les naturalistes qui oeuvrent au quotidien
    pour l'étude et la préservation de la nature qui nous entoure.
    Comme le site insectes.org, jai l'intime conviction que les connaissances, qu'elles soient le fait d'amateurs ou de scientifiques de renom, doivent être mises à la disposition de chacun, pour former une bourse du savoir gratuite et sans prétention. Je compte sur l'indulgence bienveillante du lecteur à l'égard des fautes dont cet article est, comme les bonnes viandes, persillé. Merci de ne pas hésiter à me les signaler dans vos commentaires.

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