
Voyage au Maroc, J3 (24 nov. 25)
Du gîte de la belle étoile à Ouazzane, (avec vue sur le lac de barage Bouderoua) à Teklit …

Le lac est d’une superficie d’une trentaine d’hectares, sachant que l’étendue de l’eau se réduit drastiquement durant la période estivale. Il abrite une multitude de poissons dont le plus réputé est la truite, en sus des tortues, canards et autres oiseaux. Des animaux sauvages vivent dans les forêts voisines comme le sanglier, le lièvre et l’écureuil.
Connu chez les ouazzanis sous le nom de « Bhéar », c’est à dire «la petite mer», il se trouve à 3km au Nord-Est de la ville de Ouazzane, sur la route de Fès.

1 : En sortant du gîte, en descendant vers le lac en bord de route : Colchicum fllifolium, Colchique à feuilles filiformes, Mérendère à feuilles filiformes = Merendera filifolia, Colchicacée (†Liliaceae).

FloreAlpes : Plante très rare et très localisée en France continentale, fleurissant très tardivement à la faveur des pluies d’automne. A la différence des Bulbocodes, le Mérendère possède des fleurs à styles libres (non soudés). Ses feuilles sont étroites, en rosettes basales.
N.B. : M. montana est une autre espèce plus abondante dans l’ouest des Pyrénées.
Feuilles linéaires atteignant 10 cm de long et de 1,5–2,5 mm de large, apparaissant presque simultanément avec les fleurs solitaires (rarement 2 par bulbe).
Nous n’avons pas le temps d’attendre la sortie des feuilles …
2 : Ziziphus lotus, le Jujubier de Berbérie, Rhamnacée. Fréquemment observé en bordure des routes.

Le jujubier (il en existe une centaine d’espèces) est un arbre/arbuste à branches amples, inégales, munies d’épines. Leur aspect est celle d’arbres aux feuilles clairsemées et aux branches formant un zigzag caractéristique (photo 1). Les feuilles sont alternes, souvent à trois ou cinq nervures, dures, luisantes, dentelées sur les bords ; leurs stipules souvent épineuses (photo 2).
Le fruit est une baie comestible de la taille d’une olive, d’abord verdâtre, ensuite jaunâtre , enfin couleur rouille.
On le trouve dans le Midi de la France et en Afrique du nord. Dans l’est du Maroc, il y a deux sortes de fruits : le nbeg, plus petit, et le zfizef, plus grand. Il est cultivé en Chine depuis plus de 4 000 ans.
Ziziphus lotus est encore cultivé en Sicile et dans le sud du Portugal et de l’Espagne. Il est utilisé comme porte-greffe du Ziziphus jujuba ou en buisson épineux pour former des haies défensives. Il est bien adapté à son milieu naturel, notamment son système de racines capable d’aller chercher l’eau à plus de 50 m. de profondeur. Il supporte des conditions sévères de sécheresse, de vent et d’ensoleillement.
Il donne de nombreux petits fruits, qui sont des drupes sphériques de la taille d’une prunelle, appelés jujube lotus qui se consomment en sur-maturité en octobre. Leur goût évoque la pomme confite et leur texture, la datte.
La feuille de jujubier (Ziziphus lotus ou Ziziphus jujuba -appelé sdir au Maroc-) est utilisée depuis des siècles dans diverses traditions médicinales pour ses nombreuses propriétés bénéfiques sur la santé.
La feuille de jujubier était utilisée par les anciens Égyptiens pour embaumer les morts.
La couronne d’épines du Christ passe pour avoir été tressée de rameaux de jujubier aux longues épines (une des espèces est Ziziphus spina-christi)
3 : Senecio angulatus, Séneçon anguleux, Lierre du Cap, Séneçon rampant, Astéracée originaire d’ Afrique du sud :

Les feuilles, glabres, sont épaisses, brillantes, charnues et grossièrement dentées.
Les tiges sont succulentes et sont souvent panachées de vert jaune pâle et de violet, elles sont glabres et légèrement anguleuses et deviennent ligneuses en vieillissant.
Mais observons en détails ses fleurs jaunes en grappes ouvertes au bout des branches:

Ces petites fleurs sont appelés fleurons ou fleurettes.
Chaque ensemble est un capitule composé de fleurons périphériques ligulés et de fleurons centraux tubulés mimant une seule grande fleur. Un capitule est un « bouquet » de fleurs posé sur un « plateau ». Cette inflorescence composée de 2 types de « fleurs » caractérise les Astéracées, elles est à l’origine de leur ancien nom de Composées.
On l’observe plus facilement sur un capitule de marguerite commune car les fleurons périphériques sont blancs. Les fleurettes centrales sont petites, en tube et à 5 pétales évasés. Les fleurettes périphériques sont formées d’une languette simulant un pétale par soudure de l’ensemble des pétales du fleuron.
Ce Séneçon peut former un arbuste dense et enchevêtré de 2 mètres de haut ou une plante grimpante qui peut atteindre 6 mètres de haut, si un support approprié est disponible.
C’est une mauvaise herbe problématique en Nouvelle-Zélande. Elle est naturalisée dans certaines parties de l’Afrique du Nord et du sud de l’Europe.
N.B. : ressemble beaucoup à Delairea odorata, le Séneçon grimpant ou Lierre d’Allemagne.
4 : Nicotiana glauca, Tabac glauque, Tabac arborescent, Solanacée (2 700 espèces dont la pomme de terre, le piment, l’aubergine et la tomate).

Son nom de genre fait référence au fait qu’elle contient de la nicotine pouvant être utilisé comme insecticide et un autre alcaloïde toxique, l’anabasine, très efficace pour lutter contre les pucerons.
Son nom spécifique fait allusion à la couleur générale de la plante.
C’est une plante arborescente ou plus souvent arbustive, peu dense et peu branchue, pouvant atteindre une hauteur de 8 mètres, mais plus communément de 3 mètres. Son tronc et ses tiges se lignifient et se couvrent d’une écorce lisse bleu-violet. Sa croissance est rapide et, du fait de la fragilité de son tronc, la plante est souvent déséquilibrée et penchée.
Ses fleurs de couleur jaune présentent une corolle gamopétale tubulaire longue de 5 à 15 centimètres se terminant par 5 lobes pointus.
La nicotine contenue dans ces plantes est un moyen de défense contre les herbivores, étant un excellent neurotoxique, en particulier contre les insectes. À faibles concentrations, la nicotine agit comme un stimulant pour les mammifères, ce qui est la cause de la dépendance des fumeurs.
5 : Cedrus atlantica, le Cèdre de l’Atlas, Pinacée endémique du Maroc (133 Kha) et de l’Algérie (15 Kha).
Parfois appelé Cedrus libani ‘Atlantica Glauca’.
À quelques dizaines de kilomètres au sud de Fès, au cœur du Moyen-Atlas, la forêt d’Ifrane, aussi appelée forêt de cèdres, occupe plus de 75 000 hectares.

Essence noble des forêts marocaines, le Cedrus atlantica est peu connu comparé à son cousin libanais, le Cedrus libani, même si celui-ci, victime de la déforestation, ne couvre désormais plus que 2.000 hectares au Liban, le « pays du Cèdre ».
L’écorce d’abord grise et lisse chez les jeunes sujets, prend au fil des ans un aspect plus rugueux. Elle s’exfolie en petites écailles. (Photo 1)
Le cèdre de l’Atlas vit dans les zones montagneuses où les cédraies se développent entre une altitude de 1 500 et 2 500 m
Le cèdre est une espèce monoïque, certaines branches portant des cônes (chatons) mâles, d’autres des cônes femelles. (Photo 2 : branche à cônes mâles)
Chaque année, en début d’automne, les cones mâles libèrent une quantité conséquente de pollen, de couleur jaunâtre.
Les cônes femelles, en forme d’œuf, qui ne commencent à apparaitre qu’après 45-50 ans, ont besoin de 3 ans pour arriver à maturité. D’abord ouvertes, ses écailles se referment après la pollinisation, en automne. Il va grossir régulièrement jusqu’à atteindre 5 à 7 cm de long, avant de se désarticuler au bout de deux ou trois ans. Chaque écaille libère alors deux graines triangulaires à ailes très développées.
Cedrus atlantica se distingue des autres espèces de cèdres par ses rameaux dressés, ses aiguilles courtes (2 à 2,5 cm), peu pointues et persistantes, elles sont insérées en spirale sur des rameaux longs et en petits bouquets (rosettes) sur des rameaux courts.
Grand arbre d’ornement, artisanat, charpente, ébénisterie, huile de cèdre et crayons. L’odeur forte du bois est utilisée sous forme de billes pour éloigner les mites (Le bois du cèdre dégage un parfum qui éloigne les insectes.)
Cette forêt est un espace protégé où l’on retrouve non seulement quelques-uns des plus beaux et des plus gros cèdres du Maroc (dont le cèdre Gouraud), mais aussi une importante population de singes vivant à l’état sauvage. Au cœur du parc national d’Ifrane, dans un environnement verdoyant à plus de 1600 mètres d’altitude, la forêt de cèdres a pour vocation, entre autres, de protéger le magot, ou macaque de Barbarie, Macaca sylvanus, un singe endémique menacé d’extinction.
C’est l’une des rares espèces chez qui les mâles jouent un rôle éducatif fondamental auprès des petits. Ce sont eux qui jouent avec eux, s’en occupent et leur font la toilette.
Nous avons pu observer les magots jouer sous les cèdres de l’Atlas, deux espèces en voie de disparition et pourtant abondantes ici, au cœur de la forêt d’Ifrane.

Nous reprenons la route vers Teklit.
6 : Epilobium hirsutum, l’épilobe à grandes fleurs ou épilobe hirsute, Onagracée.

De la souche longuement stolonifère partent chaque printemps, de nouvelles tiges dressées.
Hirsutum car chez cette plante, les tiges, les pédoncules des fleurs et les fruits sont couverts de « poils ».
Les fleurs de couleur fuchsia possèdent un style terminé par un stigmate en croix, blanc.
7 : Vachelia karoo, Mimosa odorant, Mimosa karoo, Fabacée.

Flore Alpes : Mimosa très facilement reconnaissable à ses très longues épines blanches, pouvant atteindre la longueur de 25 cm. Plante originaire d’Afrique du Sud (et non de l’Australie comme les autres mimosas), naturalisée çà et là…
Cet arbuste est une bonne source de fourrage. La gomme exsudée au niveau des blessures de l’écorce est comestible et d’un goût agréable.
N.B. 1 : L’Acacia karroo est doté de facultés défensives surprenantes…
N.B. 2 : En situation de stress, dans la savane africaine, il augmente sa production de tannin pour se protéger des girafes.
Un troupeau de chèvres sous un vieux chêne :

2e rencontre avec les magots avant d’arriver au lac OUIOUANE :

Lac Ouiouane (1 600 m d’altitude, 16 ha.,16m de profondeur) :

Le plan d’eau d’origine artificielle est rehaussé à l’aide d’une digue, il contribue à l’alimentation de l’Oum Rbii, la plus grande rivière du Maroc, soulignant son importance écologique considérable.
Il se métamorphose considérablement au fil des saisons et permet des activités touristiques variées :
–Exploration en pédalo (photo)
–Pêche : Le lac abrite diverses espèces comme le brochet, la perche, la carpe et le gardon.
–Randonnées : De nombreux sentiers permettent d’explorer les environs et la magnifique forêt de cèdres.
8 : Une plante abondante (très envahissante) à la surface du lac : Myriophyllum spicatum.

Ce lac fait partie du Parc National de Khénifra, une réserve naturelle de 202.700 ha. qui abrite aussi bien les mammifères comme la panthère, l’hyène rayée, des singes, que des oiseaux, comme l’aigle royal, des reptiles et des amphibiens.
Géolocalisation du lac au sein du moyen Atlas :

Entre Azrou et Teklit, une pisciculture moderne :

Arrivée à notre Gite MRBIE de Teklit :

Notre repas au coin du feu sera une truite locale accompagnée d’une belle poëllée de légumes locaux !


