
Balade dans les bois de feuillus de Chagniaut
Les prémices du printemps font fleurir les sous bois …
Plante 1 :

Observez sa ressemblance avec la Fumeterre officinale.
La corydale prend l’aspect d’un buisson peuplé d’oiseaux.
Le nom de genre vient de Korudós en grec ancien désignant l’alouette huppée.
Cela est dû à la morphologie des fleurs ayant la forme d’un fin tube s’ouvrant en deux lèvres d’un côté et qui se termine par un éperon de l’autre, l’ensemble évoquant l’aigrette d’une alouette.

Le nom d’espèce vient du fait qu’il n’y a pas d’espace entre les différentes couches du bulbe.
D’aspect léger, le feuillage évoque celui de la fougère capillaire ou de l’ancolie.

Bulble par Jean-Jacques Houdré (Tela botanica)
Elle prospère dans les lieux semi-ombragés tels que les bois calcaires, mais nous l’avions déjà rencontrée sur la roche de Solutré dans une rocaille mi-ombragée, en compagnie d’autres herbacées et de mousses sous le couvert d’arbrisseaux la protégeant du soleil comme les buis et la Coronille des jardins.
La dissémination de ses graines peut se faire avec l’aide des fourmis qui apprécient leurs graines riches en lipides et protéines. La plante se multiplie également à l’aide de stolons.
N.B. : La Corydale à bulbe plein et la Corydale creuse, Corydalis cava se confondent aisément, mais la Corydale creuse a des bractées simples alors que la Corydale à bulbe plein a des bractées découpées:

N.B. : Ces 2 plantes contiennent des alcaloïdes nocifs (dont la bulbocapnine) utilisés dans des médicaments traitant les troubles cérébraux tels que la maladie de Parkinson.
Il existe 320 espèces de Corydales appartenant à plusieurs genres.
Nous avions rencontré un autre Corydale : Ceratocapnos claviculata, le Corydale à vrilles près de l’antenne de Cenves.
Pour aller plus loin : FloreAlpes + Jessica :

Plante 2 :

Il s’agit du lierre terrestre, Glechoma hederacea. Ses graines sont dispersées par les fourmis.
Plante médicinale par excellence à travers l’histoire.
Comestible, elle est utilisée en cuisine :
Moelleux au chocolat,
Apprenez à faire des chips avec des feuilles de Lierre terrestre.

Plante 3 :

Il s’agit des fruits de l’Hélébore fétide observée en lisière.
Renonculacée originale à plusieurs titres :
-ses fleurs pendues en clochettes (afin de protéger les organes sexuels) sont constituées de cinq sépales bordés de rouge,
– a l’intérieur, cinq courts pétales cachés ( photo ci-dessous par sauvages du poitou) en forme de «cornet», qui renferment tous un précieux nectar, ainsi qu’une levure qui en fermentant assure une température supérieure de six degrés dans la clochette par rapport à l’extérieur.

-Elle ne fleurit qu’à partir de sa seconde année (le plus souvent lors de sa cinquième année) et ne refleurit ensuite qu’une seule année supplémentaire… Avant de se faner définitivement.
-Les fruits sont équipés d’une excroissance (élaïosome) dont raffolent les fourmis. Ces dernières emportent les graines jusque dans leur fourmilière (ou abandonnent leur fardeau en cours de route)
Plante 4 :

Il s’agit du Grémil officinal ou Herbe aux perles, Lithospermum officinale, une Boraginacée.
Ses graines particulières lui ont donné son nom de genre qui signifie graine de pierre, en rapport avec les petites « graines » aussi dures que la pierre que la plante produit à l’aisselle de ses feuilles :

Le genre lithospermum compte environ 45 espèces. Certaines sont maintenant classées dans un autre genre.
Plante 5 :

Il s’agit d’une euphorbiacée dépourvue de latex, la Mercuriale vivace (Mercurialis perennis) qui préfère les sous bois ombragés et ne fleurit qu’au printemps (cette dernière se distingue par sa racine traçante et son port non ramifié). Plante dioïque dont les rhizomes souterrains lui permettent de former de vastes colonies unisexuées.

N.B. : cousine de la Mercuriale annuelle :

Port ramifié de la Mercuriale annuelle :


Le fruit est muni de poils crochus lui permettant de s’accrocher aux poils des animaux ou aux randonneurs pour se propager sur le territoire (epizoochorie). Les fourmis raffolent également d’une substance que renferme une petite excroissance charnue sur la graine (élaïosome). Elles emportent les fruits jusque dans leur fourmilière pour en extraire la manne, avant de les rejeter un peu plus loin (myrmécochorie).
Plante 6 :

Il s’agit de l’Ornithogale des Pyrénées (Loncomelos pyrenaicum ex Ornithogalum pyrenaicum), appelée aussi Asperge des bois ou encore Aspergette, Asparagaceae.
A cette période de l’année, on n’observe qu’une rosette de feuilles basales, étalées et linéaires, qui seront desséchées à la floraison.
Le nom du genre est formé sur les mots grecs ornithos (= oiseau) et gala (= lait).
Cousine : L’Ornithogale en ombelle (Ornithogalum umbellatum), belle-d’onze-heures ou dame-d’onze-heures.
Plante 7 :

Il s’agit de Potentilla sterilis, la Potentille faux fraisier qui ressemble beaucoup au Fraisier des bois (Fragaria vesca). Elle s’en différencie par le nombre de dents sur les folioles: moins de 15 pour la potentille, plus de 15 pour le fraisier. En outre, la dent terminale des folioles est en général plus courte que ses deux voisines.

Vue le 16 mars 2025: Prospection sur la teppe et le bois de Fée.
Rappel des caractéristiques de la plante par Jessica.
Plante 8 :

Il s’agit de la Primevère officinale (Primula veris), parfois appelée le coucou ( parce qu’elle fleurit au moment où on observe le retour du Coucou gris (Cuculus canorus) et son chant), Primulacée.
Prima signifie « premier » (au féminin) et vera, « printemps ».
On reconnaît la Primevère officinale à ses fleurs, en grappe, qui tombent toutes du même côté de la hampe florale. Elle peut atteindre 30 centimètres de haut. De plus, chaque fleur est formée par un calice vert pâle enflé d’où émergent 5 pétales de couleur jaune vif avec une tâche orange au centre.
Originalité : elle développe deux types de fleurs, toutes hermaphrodites. Des pieds produisent des fleurs dont le pistil dépasse les étamines ce qui a pour effet d’éviter l’autopollinisation. D’autres pieds ont un pistil court dépassé par les étamines. Dans ce cas, il y a décalage de maturation de ces organes sexuels ce qui empêche l’autofécondation.
Comparez la Primevère officinale à la Primevère élevée. Autre comparaison (plante n°10)
Plante 9 :

Il s’agit de Scillia bifolia, la Scille à deux feuilles (Liliaceae /Hyacinthaceae/Asparagaceae).
Photos : 1 la plante en pleine floraison, 2 après fécondation, la coloration pâlit, 3 fleur infestée par un champignon : Antherospora scillae, qui infecte ses étamines. Il se substitue au pollen et utilise les insectes pollinisateurs comme vecteur de dissémination.
Nous avions rencontré Microbotryum violaceum un champignon parasite de plusieurs espèces de Caryophyllacées. Cycle de vie. Champignon pirate. Voir la fin de cet article.
Parfois appelée Étoile bleue, on trouve parfois des individus aux fleurs blanches :

Spontanée dans les forêts de feuillus. Chaque bulbe produit deux feuilles basales allongées, (rarement 3) étroites, lancéolées et brillantes, qui encadrent une tige florale dressée. Cette tige est très fine et de couleur rouge ou brune, ramifiée vers le haut.
Ses graines sont disséminées par les fourmis (myrmécochorie). qui sont attirées par leurs élaïosomes (excroissances charnues riches en lipides et en protéines), elle les emportent dans leur fourmilère pour nourrir leurs larves. Après que les larves ont consommé l’élaïosome, les fourmis stockent les graines dans la zone d’élimination des déchets de la fourmilière, qui est riche en éléments nutritifs grâce aux excréments et aux cadavres de fourmis, ainsi que déchets alimentaires qu’il ne faut pas laisser s’accumuler dans la fourmilière. Cet emplacement constitue un lieu idéal pour la germination des graines.
Ce type de dispersion des graines est appelé myrmécochorie (du grec myrmex– fourmi et kore – dispersion). Ce type de relation symbiotique est mutualiste car la plante voit ses graines dispersées dans des lieux favorables à leur germination et les fourmis trouvent une source de nutriments importante pour leurs larves. Les élaïosomes sont un exemple de convergence évolutive qui s’est produite à plusieurs reprises dans des milliers d’espèces végétales différentes (Voir plus haut).
Flore Alpes : Comparaison avec la Scille d’Italie.
