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Balade autour du lac de Vallon dans le massif du Chablais, 16 août 26.

Balade autour du lac de Vallon dans le massif du Chablais, 16 août 26.

Il était une fois un modeste ruisseau qui descendait des montagnes, accrochant follement aux herbes des haillons d’argent comme disait le poète … Aujourd’hui, il forme un lac long de 900 m et couvrant une superficie de 15 ha. 

Lac de vallon en regardant vers le sud-est (vue sur le roc d’Enfer au fond). Photo © JRagusa.

Ce lac est né d’un glissement de terrain (mars 1943) qui est venu obstruer la vallée dans toute sa largeur si bien que l’écoulement du torrent le Brevon est interrompu et un lac de barrage s’est formé naturellement à la fin mars. Le barrage fait alors environ 18m d’épaisseur pour 500 m de long et 300 m de large. La profondeur est évaluée à 20-25 m en avril 1943.
Le site du lac de Vallon est aujourd’hui l’un des sites remarquable du Géoparc du Chablais

Schéma de la coulée à l’origine de la formation du lac de Vallon, © JRagusa.

Observations classées par ordre alphabétique en noms latins :

Circium oleraceum :

1- Le Cirse maraîcher ou Chardon des potagers peut dépasser 1,5m. Ses fleurs sont jaunâtres (photo 1). Il se rencontre dans les marécages et les bois clairs et humides. Sa tige porte des feuilles jusqu’à son sommet sous les capitules (photo 1). Ces derniers sont agglomérés et entourés de feuilles. La tige est creuse, avec une consistance plutôt coriace, à section ronde. Elle a une surface cannelée et elle est glabre ou avec des épines molles (photo 2). Les feuilles inférieures sont très grandes, + ou – divisées et parfois très longuement pétiolées (photo 3 et 4)
N.B. : Il est cueilli pour ses feuilles, jeunes pousses et ses racines renflées.
Autres espèces de Circes par NDT.

Circium palustre :

2- Le Cirse des marais se rencontre dans les zones humides (marécages, tourbières, marais et rives des ruisseaux). Il se caractérise essentiellement par sa grande taille (jusqu’à 2 mètres), ses feuilles très épineuses se prolongeant longuement sur la tige, hérissée et très velue. Ses capitules sont cependant petits pour la taille de la plante, regroupés et serrés, de couleur violacée, aux bractées noirâtres au sommet et terminées par une pointe très courte. Pousse en grandes colonies au bord du lac.
Appelé bâton-du-diable de par sa longue tige érigée et couverte d’ailes épineuses du bas au sommet de la tige.

Epilobium parviflorum :

3- L’épilobe à petites fleurs vu dans un fossé. Les feuilles sont lancéolées, sessiles, bordées de dents faibles et velues sur les deux faces. Les inférieures sont opposées (photo 2), les supérieures alternes. Les pétales roses sont échancrés et veinés de violet. Les quatre stigmates sont d’abord dressés puis étalés.
Espèces du même genre. Espèce(s) proche(s): L’Epilobe velu a des fleurs plus grandes (environ 2 cm). Les quatre stigmates en croix permettent de différencier l’Epilobe à petites fleurs des Epilobes à stigmate en massue. Parmi les Epilobes à stigmates en croix, l’Epilobe lancéolé a des feuilles nettement pétiolées, l’Epilobe des montagnes a des feuilles moins allongées.

Geranium sylvaticum :

4- Géranium des bois : Voir Jessica.

Lophiolepis morisiana ou Lophiolepis eriophora

Lychnis dioïca

6- Le Compagnon rouge ou Silène dioïque est une caryophyllacée dont la racine pivotante, riche en saponines a été jadis utilisée pour confectionner savon ou lessive comme sa cousine la Saponaire officinale.
Ses feuilles inférieures sont longuement pétiolées, les supérieures sont sessiles (pas de pétiole).
Ce silène est, avec le compagnon blanc, le seul de son genre à être dioïque. Ses fleurs roses à cinq pétales échancrés sont assez caractéristiques. Ce silène est très fréquent le long des chemins et dans les sous-bois ombragés.
Voir : Sauvages du Poitou + Jussieu + Jessica + NDT.

Paris quadrifolia et Polygonatum verticilatum

7- La Parisette à quatre feuilles est une liliacée caractérisée par un verticille de 4 (parfois 5 ou 6) feuilles et une fleur unique vert-jaunâtre qui se dresse au dessus du verticille et qui deviendra un fruit unique.

8- Le Sceau-de-Salomon verticillé (AsparagacéeLiliacée) (photo 2)
Nous avion vu au Plateau de Beauregard que c’est la version « verticale » du sceau de Salomon odorant. Ici il est en fruits.

Scrophularia auriculata (Scrofulariacée)

Sa tige et son système racinaire rhizomateux. Vidéo.

9- La Scrofulaire aquatique est une grande scrophulaire du bord des eaux, caractérisée par ses feuilles non glanduleuses et bien ovales. Tige carrée, un peu ailée, à surface lisse (photo 1), elle est creuse (photo 2). Elle est glabre au niveau des feuilles et poilue-glanduleuse au niveau de l’inflorescence. La partie souterraine se compose de rhizomes bruns et noueux (photo 3). Les premières utilisations de la plante servaient à soigner la scrofule, une infection des ganglions du cou. Cette utilisation était due à la ressemblance entre la forme des rhizomes et la forme des ganglions enflés. Cette pratique résulte de la “théorie des signatures”. Elle repose sur le principe similia similibus curantur « les semblables soignent les semblables ».
L’apparence des végétaux est censée révéler leur usage et leur fonction.
Cette théorie constitue un élément important de la médecine médiévale.
Exemples : L’intérieur d’une noix, de par sa ressemblance avec le cerveau humain, doit agir sur cet organe, or l’analyse moderne a révélé que la noix est riche en sérotonine, neurotransmetteur indispensable au fonctionnement de nombreuses fonctions cérébrales.Edward Stone fait le raisonnement suivant : Le saule blanc a les pieds dans l’eau et n’a pas de fièvre, ce que ressentirait un humain dans le même cas. Il doit détenir une substance qui combat la fièvre. Effectivement, il extrait de l’ecorce du saule de l’Acide salicylique, autrement dit de l’aspirine.
La théorie des signatures est à manipuler avec précaution : si la connaissance des plantes médicinales est issue d’une pratique empirique, il a peut-être fallu des siècles d’expériences aux chamanes et autres guérisseurs pour la maîtriser.
Comparaison de quelques scrofulaires par NDT.

N.B. : Une étude récente indique que la scrofulaire noueuse peut servir d’indicateur pour déduire l’âge d’une forêt. En effet, elle est souvent présente dans les anciennes forêts.

Solidago gigantea :

10- Le Solidage géant ou Verge d’or géante est à ne pas confondre avec le Solidage du Canada également originaire d’Amérique du Nord. Le Solidage du Canada mesure de 60 jusqu’à 250 cm de haut, tandis que le Solidage géant est plus petit malgré son nom, ne dépassant généralement pas 120 cm. Ce dernier a une tige glabre jusqu’au niveau des fleurs, souvent rougeâtre, alors que la tige du Solidage du Canada est vert doré et poilue (faiblement à densément pubescente) à partir des premières feuilles. Le Solidage du Canada, bien que considéré comme une espèce invasive, est toutefois moins concurrentiel et dangereux que le Solidage géant.

Sonchus oleraceus

11- Le laiteron maraîcher a une tige creuse (photo 3), épaisse, côtelée, peu rameuse, lisse. Coupée, il s’en écoule un suc blanc, laiteux et collant (photo 3) d’où son nom de Laiteron. Les feuilles basales et inférieures sont en rosette.
Les feuilles caulinaires sont embrassantes par 2 oreillettes à lobes dentés (Photo 2), le lobe terminal triangulaire est plus grandFeuille supérieures et fleurs.

Tabac d’Espagne :

12- Il affectionne les clairières et les orées forestières richement fleuries. L’imago butine surtout les fleurs de chardon (ici Circe maraîcher vu plus haut), les ronces, Buddléia et Eupatoire chanvrine. La femelle pond des oeufs isolés dans des crevasses d’arbres sous lesquels poussent des violettes. Les chenilles éclosent à la fin de l’automne et hivernent de suite sur place. Au printemps, elles descendent des arbres et dévorent les feuilles des violettes durant la nuit. Pendant la journée, elles se dissimulent sous les feuilles.
A vous de soulever les feuilles de violettes au pied des arbres au printemps pour les débusquer !
Plusieurs papillons lui ressemblent, mais il se reconnaît ailes fermées : leur revers est teinté de vert.

Viburnum opulus, Adoxaceae (†Caprifoliaceae) :

13- Le Viorne obier est un arbuste des bois sur sol humide et des marais, ne dépassant pas 1 600 m.
Les fleurs des corymbes, sont de deux sortes : les extérieures sont grandes et stériles, les intérieures sont petites et fertiles. 
L’obier joue un grand rôle dans la tradition slave. Son nom russe, калина (kalina), est à l’origine de la célèbre chanson Kalinka (littéralement « petite baie d’obier ») car il est notamment le symbole de l’amour, que l’on retrouve dans de nombreux contes et chansons. La chanson a été reprise par l’Armée insurrectionnelle ukrainienne et est redevenue célèbre en 2022, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. 

NDT : A repérer : glandes présentes en haut du pétiole de la feuille, à la limite du limbe:

FIN

Auteur/autrice

  • Biologiste amateur et photographe amateur, amoureux de la nature, je partage ici mes observations faites au cours de mes promenades.
    Ce blog est dédié à tous les naturalistes qui oeuvrent au quotidien pour l'étude et la préservation de la nature qui nous entoure.
    Comme le site insectes.org, jai l'intime conviction que les connaissances, qu'elles soient le fait d'amateurs ou de scientifiques de renom, doivent être mises à la disposition de chacun, pour former une bourse du savoir gratuite et sans prétention. Je compte sur l'indulgence bienveillante du lecteur à l'égard des fautes dont cet article est, comme les bonnes viandes, persillé. Merci de ne pas hésiter à me les signaler dans vos commentaires.

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