
Balade au Plateau de Beauregard, 6 août 26, Partie 2/2.
Eryngium alpinum :

12- Le panicaut bleu des Alpes ou chardon bleu des Alpes est une plante rare que l’on peut découvrir notamment dans la vallée du Fournel (département des Hautes-Alpes), un lieu unique en son genre qui abrite plusieurs milliers de spécimens, ou présentée au jardin botanique alpin du Lautaret, parmi de nombreuses autres plantes alpines et montagnardes.
Les fleurs sont petites, blanches, groupées en têtes oblongues (2-4 cm de long) et entourées à leur base d’un involucre de dix à vingt bractées bleuâtres à bleu violacé, un peu molles et très finement découpées dentées, formant une collerette plus ou moins étalée (3-6 cm de long).
Les feuilles de la base sont vertes, longuement pétiolées, à limbe ovale triangulaire très en cœur à la base (8-15 cm de long sur 5-13 cm de large) ; les caulinaires, sessiles, sont incisées en plusieurs lobes allongés, toutes sont à bords finement dentés et épineux.
FloreAlpes : Une plante magnifique qu’il serait dur de confondre avec une autre. Sa beauté lui joue d’ailleurs des tours …
N.B. : Protégé au niveau national d’après l’arrêté du 20 janvier 1982.
Filipendula ulmaria ou Spirée ulmaire.

13- La Reine-des-prés est une Rosacée.
Ethymologie : Filipendula : ses minces racines évoquent des fils pendants, ulmaria car les folioles des feuilles ressemblent à celles de l’orme (Photo 3). Spirée vient de la forme spiralée de ses fruits (Photo 4) qui rappelle les cornets de glace italienne. C’est probablement son allure altière qui a donné son nom commun : reine-des-prés. Plante vivace d’altitude, elle pousse en colonies sur les sols de prairies humides et le long des ruisseaux. Elle est robuste malgré sa tige creuse mais fibreuse.
Wikipédia : Elle a été utilisée comme aromatisant dans les crèmes et les desserts, mais aussi les dentifrices et les boissons. On recense en France une quarantaine d’emplois en médecine traditionnelle.
la plantes fraîche contient des produits salicylés qui lui confèrent une action bien-faisante sur les douleurs articulaires.
Ses fleurs parfumées donnent au vin ordinaire un bouquet rappelant le cru de Frontignan.
Galeopsis tetrahit, une Lamiacée.

14- Galeopsis tetrahit, Galéopsis tetrahit, Sauvages du Poitou : Celle qui pue la belette !
Sa tige est renflée sous chaque nœud et porte des soies raides et glanduleuses. Ses fleurs sont blanches ou rosées, à la lèvre inférieure tachée de jaune. Bois clairs, haies, bord des chemins. IAO.
Genista sagitalis, Fabacée.


15- Le port du Genêt ailé est en coussinet gazonnant étalé et ramifié, il se caractérise par des rameaux dressés présentant 3 petites ailes membraneuses vertes où s’attachent de petites feuilles ovales. Ces ailes vertes s’interrompent à chaque nœud, donnant l’impression d’une tige articulée. Il se rencontre naturellement dans les pelouses calcaires, les landes et les milieux bien exposés au soleil. En tant que Fabacée, il établit une symbiose avec des bactéries fixatrices d’azote, enrichissant ainsi le sol et facilitant le développement d’autres plantes. Sa floraison généreuse (fleurs jaunes, en grappes terminales (photo 2)) attire les abeilles, les bourdons et divers insectes pollinisateurs. Le fruit est une petite gousse velue (photo 1)
Jacobea erucifolia :

16- Jacobea erucifolia (L.) G.Gaertn., B.Mey. & Scherb., 1801, Jacobée ou Séneçon à feuilles de roquette. Astéracée.
FloreAlpes : Ce séneçon des terrains secs possède des feuilles et une tige relativement velues (Photo 1).
Chaque involucre est précédé d’un involucelle bien développé aux bractéoles nombreuses et allongées. Sa souche est allongée et rampante. A ne pas confondre avec S. jacobea à l’involucelle très peu visible et à la souche courte.

Juncus alpinoarticulatus et J. effusus, Juncacées.

17- FloreAlpes : Le jonc alpin (ou Jonc articulé des Alpes) se reconnaît à ses feuilles noueuses, très longues, cylindriques et ses fleurs d’un brun très foncé (photos 1 et 2). Ces dernières sont peu nombreuses, dans une inflorescence très pauvre. Cette plante se rencontre dans les marécages et les suintements d’altitude.
18- Le Jonc diffus est caractérisé par ses tiges cylindriques, lisses et sans feuilles apparentes qui lui confèrent un port dressé et élancé. Atteignant 30 à 60 cm de hauteur, il se distingue par ses inflorescences latérales de couleur marron apparaissant de juin à août. (photo 3).
Le Jonc diffus joue un rôle écologique majeur dans les zones humides, contribuant à la stabilisation des berges et à la prévention de l’érosion des sols. Il offre un habitat crucial à la microfaune aquatique et terrestre, notamment les insectes et amphibiens qui dépendent des milieux paludéens. Son rôle dans la purification naturelle de l’eau en fait une espèce précieuse pour les écosystèmes aquatiques.
Knautia dipsacifolia (Host) Kreutzer, 1840 = Knautia maxima (Opiz) J.Ortmann, 1842, Caprifoliaceae (†Dipsacaceae)

19- FloreAlpes : Cette Knautie des bois ou Knautie à feuilles de Cardère (L’épithète dipsacifolia fait allusion aux feuilles qui évoquent la cardère (Dipsacus fullonum)). Elle pousse dans les clairières et lisières de bois. Elle est principalement caractérisée par ses feuilles plus ou moins velues, opposées et terminées en pointe (non découpées). Les inférieures sont longuement pétiolées à ailes se terminant sur le pétiole. Les supérieures sont sessiles.
N.B. : Knautia dipsacifolia est souvent confondue avec Knautia arvernensis. La première a des tiges surgissant au milieu de la rosette (plante sympodique) souvent disparue à floraison donc semblant sortir du sol tandis que chez la seconde les tiges partent de côté sous la rosette (plante monopodique).
Genre dédié par Linné à Christophe Knaut botaniste allemand du 17e siècle.

Lepture et sylvaine.

20- Lepture rouge mâle reconnaissable à son thorax noir et à ses élytres de couleur beige (la femelle possède des élytres entièrement rouges). Le dimorphisme sexuel est net : Les femelles sont en outre nettement plus grandes que les mâles, leurs antennes atteignent la moitié du corps, elles sont aussi longues que le corps chez les mâles. L’adulte se nourrit de pollen alors que la larve vit dans le bois mort des résineux. Les femelles pondent leurs oeufs dans les vieilles souches de conifères. Les larves creusent des galeries dans le bois mort (conifères), leur développement dure 2 ans. Cousins : le Lepture fauve + le Lepture tacheté.
21- Sylvaine
Melampyrum sylvaticum et Ononis spinosa

22- Le Mélampyre des forêts (Orobanchacée ex Scrofulariacée) se reconnaît à ses fleurs jaunes, à corolle courte dont la lèvre inférieure peut être tachée de pourpre. Cette plante se rencontre généralement sous les bois de conifère. A ne pas confondre avec M. pratense dont la corolle est droite (non coudée) et bien plus longue.
Bractées M. des prés : vert , M. des bois : violettes. Comparaison FloreAlpes. Elle a changé de famille depuis que l’on a découvert qu’elle est semi-parasite : elle se nourrit partiellement des ressources d’autres plantes via ses racines.
23- Voir Balade au Châlet Paccaly, 5 août 26, Partie 3/4.
Parnassia palustris

24- La Parnassie des marais (Célastracée) est unique en son genre en France. Rencontrée dans les prairies humides de montagne (elle peut s’élever jusqu’au dessus de 2800 mètres). Ne forme qu’une fleur solitaire blanche à 5 pétales parcourus de nervures transparentes ainsi que de 5 staminodes* à cils glanduleux nectarifères en face de chaque pétale (photo 1).
Elle possède une rosette de feuilles basales cordiformes, longuement pétiolées ainsi qu’une feuille caulinaire embrassante, implantée sur la partie inférieure de la tige (photo 2).
Conrad Kirouac dans la « Flore laurentienne » émet l’hypothèse de la carnivorie car le fond des staminodes sécrète un liquide. Après fécondation de la fleur, ce liquide visqueux et acide semble se concentrer et y piéger des insectes.
En début de floraison, les étamines sont fertiles et se courbent à tour de rôle vers le stigmate infertile (voir photo 3).
Les insectes pollinisateurs attirés par les staminodes se posent sur l’anthère et s’enduisent le ventre de pollen. Par la suite, les étamines s’écartent du stigmate. Les anthères ayant acompli leur rôle finissent par tomber et le stigmate entre en phase fertile.
*étamines stériles transformées munies chacunes d’environ 7 à 15 cils blanc, dont l’extrémité globuleuse jaune et sèche, mais brillante comme une gouttelette de nectar, attire les insectes
Nom de genre : du mont Parnasse (Grèce)
Petasites hybridus (une quinzaine d’espèces de Petasites )

25- Le Grand pétasite, ou Pétasite hybride, est une Astéracée dont le nom de genre vient du grec petasos « chapeau à large bord », allusion à la largeur que peuvent atteindre les feuilles qui apparaissent après la floraison printanière. Elles ont un limbe arrondi ; elles sont molles et veloutées et dépassent 50 cm de diamètre. Voir Planche botanique de 1891.
Leur inflorescence est composée de petites fleurs délicates.
Comme le Tussilage*, ils apprécient les abords humides des ruisseaux.
N.B. : Les pétasites mâles (l’espèce est dioïque) sont parfois confondus avec le Tussilage.
*Tussilago Farfara est la seule espèce du genre, elle fait partie des plantes pectorales les plus utilisées en phytothérapie.
Cousin : Le Petasite odorant (Petasites pyrenaicus)
Pimpinella major var. rubra

26- Le Boucage à fleurs roses est une Apiacée très abondante en montagne. Comparaison avec le grand boucage par FloreAlpes.
Polygonatum hybridum et Prenantes purpurea

27- Le Sceau-de-Salomon verticillé (photo 1 et 2) est une Asparagacée/Liliacée vivace, rhizomateuse rencontrée dans les bois.
FloreAlpes : C’est la version « verticale » du sceau de Salomon odorant. Ses feuilles sont verticillées par 5 ou 6, les fleurs sont nombreuses et disposées à l’aisselle des feuilles. A la fin de la floraison, elles donnent des baies rouges (à la différence des autres Polygonatum qui produisent des fruits noirs).
28- Le Prénanthe pourpre, une Astéracée. (Photo 3)
Voir texte et photos prises par Laurent Francini sur ce même plateau de Beauregard, non loin du col de la Croix-Fry (74).
Sanguisorba officinalis

29- La Pimprenelle officinale ou Sanguisorbe officinale est une Rosacée haute de 30 à 100 cm : elle possède une tige dressée, peu ramifiée. Elle est commune des lieux humides sur sol calcaire.
Toutes les Pimprenelles ont des feuilles imparipennées portant de 5 à 25 folioles dentées (photo 1) et dont les fleurs, sans corolle, sont groupées (photo 2). C’est leur calice rouge sang qui donne la couleur à la fleur.
Le nom Sanguisorba, « qui absorbe le sang » vient de la théorie des signatures, selon laquelle l’aspect des plantes est censé évoquer les affections qu’elles peuvent guérir : on croyait que ses fleurs rouges indiquaient qu’elle était efficace dans le traitement des hémorragies.
N.B. : Flore Alpes : Sa racine est très riche en tanins et peut être utilisée pour le traitement des diarrhées.
Scabiosa triandra (Dipsacacée / Caprifoliacée) et Senecio ovatus (Asteracée) Feuille parasitée.

30- Scabieuse à trois étamines : FloreAlpes : Cette scabieuse se reconnait plus facilement en fruits qu’en fleurs. Chaque fleur est pourvue d’un calicule scarieux (membraneux de couleur blanche) ressemblant à une petite coupe, particulièrement visible quand la plante est en fruits, mais ce caractère est commun à d’autre scabieuses. Par contre, les arêtes du calice (petites soies noires), sont courtes sur cette espèce et ne dépassent généralement pas le calicule. Ses feuilles basales sont assez larges, crénelées, les supérieures étant découpées en segments très étroits (photo 1).
31- Séneçon de Fuchs (photo 2). FloreApes : Bien plus rare en France que la subsp. alpestris. La sous-espèce ovatus possède des capitules plus « dodus », car plus fournis, avec plus de fleurs ligulées (au moins 4, voir 5 à 7). Son inflorescence reste dense plus longtemps. Les flores indiquent un critère de pubescence des tiges à l’insertion des feuilles, difficilement utilisable sur le terrain car cette pilosité semble très rapidement caduque.
Quelle est l’origine de ces hiéroglyphes étranges sur cette feuille de Seneçon ? Voir Balade en Forêt avec Champolion …
Vous devez repérér les 2 points d’inoculation (ponte de 2 oeufs) et les 2 points de sortie des 2 larves quelques semaines plus tard…

Stachys sylvatica (Lamiacée).

32- L’épiaire des bois. Voir Quelques épiaires.
Teucrium scorodonia, Tripleurospermum inodorum et Vaccinium vitis-idaea subsp. vitis-idaea

33- La Germandrée scorodoine. Voir Plateau de Sanchèse (Pyrénées). Partie 2/2.
34- La Matricaire perforée ou Matricaire inodore ou Camomille inodore.
FloreAlpes : Cette matricaire possède des ligules blanches normalement développées et un disque jaune. La plante est glabre à feuilles en lanières filiformes creusées en dessous d’un sillon. Le réceptacle est assez large et plein. Les akènes périphériques portent deux glandes rondes au sommet. Habitats anthropiques (perturbés ou entretenus par l’homme), prairies et champs.
Elle s’est révélée très envahissante dans certaines régions. Comme beaucoup d’autres adventices des terres cultivées, elle présente une taille et un port variables .
35- L’Airelle rouge ou Airelle vigne du Mont Ida (une montagne de Turquie où elle pousse) est un sous-arbrisseau à port buissonnant, rampant et tapissant. Les tiges sont arrondies et rigides (photo3). Les fleurs sont blanches ou rosées et groupées en grappes terminales penchées. Les fruits deviennent rouges à maturité.
N.B. : Il est possible de la confondre avec le Raisin d’ours (Arctophyllos uva-ursi) ou Busserole dont la feuille possède une face inférieure munie d’une nervation en réseau alors que celle de l’airelle rouge est enroulée au bord et ponctuée en dessous.
FIN
