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Plateau de Sanchèse (Pyrénées). Partie 2/2.

Plateau de Sanchèse (Pyrénées). Partie 2/2.

Balade du 14 juillet 2026 avec Bernadette et Daniel.

Les Pyrénées recèlent une multitude de sites d’exception, dont le célèbre plateau de Sanchèse (1100m d’altitude), niché au cœur de la vallée d’Aspe et de l’amphithéâtre minéral du cirque de Lescun dans les Pyrénées Atlantiques Béarnaises.

Nous avons pris le chemin qui monte du parking de Anapia au plateau de Sanchèse à travers une forêt de feuillus.

Vue au terminus de notre balade.

Observations classées par ordre alphabétique :

Globularia nudicaulis, les fleurs sont passées….

La globulaire à tiges nuesGlobulariaceae / Plantaginaceae.
Haute de 10 à 25 cm. Feuilles basales en rosette, pétiolées, les fleurs sont bleues, groupées en inflorescence globuleuse, la hampe florale est glabre, sans feuilles, ce qui a donné le nom à l’espèce. Pousse en montagne (Alpes, Pyrénées), dans des pelouses sèches, souvent caillouteuses.
FloreAlpes : Se différencie de G. bisnagarica par l’absence de feuilles sur la tige (ou alors une ou deux très rudimentaires) et de G. cordifolia par ses grandes feuilles flasques et nervurées. Comme leur nom l’indique, les globulaires ont des fleurs au capitule sphérique. Elles poussent en touffes serrées et profitent de la moindre aspérité d’un rocher pour s’installer.

Horminium pyrenaicum et Hypericum androsaemum

L’Horminelle des PyrénéesLamiaceae, seule en son genre en Europe. Herbacée vivace, caractéristique des alpages pyrénéens sur sol calcaire, ici sur pelouse pâturée en bordure d’un petit gave. Espèce protégée.
La plante produit des tiges florales dressées portant des fleurs bleu-violet en verticilles échelonnés (Photo 1), toutes orientées d’un même côté de la tige. Ses feuilles basales gaufrées forment des rosettes
Flore Alpes : Plante assez proche des Sauges par son port et la forme de ses feuilles mais à fleurs plus proches de celles des Calaments (lèvres plus soudées). Plante surtout pyrénéenne.

Millepertuis androsème ou Androsème officinal, Clusiacée / Hypéricacée.
Le genre comprend plus de 400 espèces de plantes annuelles et vivaces ou d’arbres et d’arbustes au feuillage caduc, semi-persistant ou persistant. Son port est buissonnant et son feuillage semi-persistant. Il a une croissance rapide, produit de belles fleurs jaunes et des baies rondes et brillantes qui passent du rouge au noir en parvenant à maturité.
FloreAlpes : Très gros millepertuis des zones fraîches et ombragées. Fleurs assez petites, à trois styles.

Hypericum androsaemum par Jessica.
Hypericum tetrapterum

Le millepertuis à quatre ailes (Hypericum tetrapterum L.) est reconnaissable grâce à sa tige à 4 ailes (d’où son nom d’espèce), glabre (=sans poils) et ponctuée de noir.

Hypericum tetrapterum par PierreGoujon (IAO)

Les feuilles sont simples, entières, opposées, ovales, non pétiolées avec une base en coeur, elles ont un limbe mince, avec un bord lisse et un sommet échancré. Ce limbe est finement ponctué-transparent et bordé de point noirs. Les nervures en réseau dense sont bien visibles sur l’envers.
Contrairement à ce que l’on peut lire parfois, la tige est ronde (photo 2), ce sont ses 4 ailes qui font dire qu’elle est carrée. Elle est creuse, avec une consistance herbacée, elle a une surface lisse et elle est glabre.
N.B. : Le Millepertuis taché (Hypericum maculatum Crantz.) possède également une tige ronde à 4 angles, glabre, mais elle est
non ailée et non ponctuée de noir.
Le Millepertuis perforé (Hypericum perforatum) ne possède que 2 côtes saillantes.

A ne pas manquer : les planches-dessin de Jessica Joachim pour  H. perforatum, H. montanum et H. maculatum

Le Jonc aggloméré est caractérisé par ses tiges cylindriques et rigides de 30 à 80 cm de hauteur. Ses feuilles persistantes, filiformes et canaliculées à la base, forment des touffes denses. La plante se distingue par ses inflorescences compactes et globuleuses (photo 1), de couleur brun foncé, formées de petites fleurs réunies en glomérules* (d’où son nom) et issues d’une gaine généralement dilatée (photo 2 FloreAlpes). 
Semblable à J. effusus, mais tige vert cendré, mate, nettement striée sous l’inflorescence (photo 1). 
*Un glomérule est une inflorescence dense formée par la juxtaposition de nombreuses fleurs sessiles ou à axes très courts, fixées au même niveau et formant une masse arrondie.

Lactuca plumieri fleurs.
Lactuca plumieri feuille et fruits.

La laitue de Plumier peut dépasser 2m, à tige dressée, glabre et creuse, contenant un suc laiteux. Les feuilles sont nombreuses, embrassantes par deux oreillettes arrondies, très grandes à la base (Photo 1).
Feuilles supérieures plus petites et moins profondément découpées, voire entières
Espèce montagnarde poussant sur sol siliceux en situation de lumière ou de demi ombre.

• Lactuca vient du latin “lac” qui signifie “lait”, car le suc de ces plantes est laiteux
• Plumieri est un hommage au botaniste français Charles Plumier (1646-1704)

Autre laitue :

Lactuca muralis

La Laitue des murailles se caractérise par ses feuilles (Photo 1) lyrées profondément pennatipartites à lobes larges, anguleux, obtus, le terminal plus ample, rétrécies en pétiole ailé embrassant et auriculé à la base et ses minuscules capitules à 5 fleurons ligulés seulement (Photo 2 ci-dessus et photo 3 ci-dessous).

Lactuca muralis IAO.

N.B. : L’espèce a été nommée Prenanthes muralis par Linné, puis Lactuca muralis puis transférée dans un nouveau genre : Mycelis qui est resté monospécifique. Sans autres espèces pour le soutenir, Mycelis a donc été perçu comme un « petit genre inutile », ce qui a favorisé son abandon.

Linaria alpina, Azuré bleu nacré et Mentha longifolia.

-FloreAlpes : La Linaire des Alpes pousse dans les milieux hostiles et pauvres comme ici, un pierrier. Ses fleurs mauves et oranges sont le critère déterminant. Sa tige et ses feuilles sont bleu-grisâtre.

Azuré bleu nacré posé sur la main de Daniel.

-Menthe sylvestre ou Menthe à feuilles longues et accouplement de Téléphores fauves (Rhagonycha fulva).
Cette Lamiacée se caractérise par des feuilles allongées et lancéolées, plus développées que chez les autres espèces de menthe, d’où son nom spécifique. La plante atteint généralement 40 à 80 cm de hauteur et forme des touffes denses grâce à son système racinaire traçant. Ses fleurs, de couleur rose à violette, apparaissent en épis compacts et se distinguent par leur caractère très aromatique. Elle occupait un milieu très humide au bord du petit gave.
Flore Alpes : A ne pas confondre avec la menthe aquatique.

Le Téléphore fauve est de couleur rousse, les antennes, les yeux et le bout des élytres sont noirs. Ce dernier caractère est déterminant.
On a pu observer de nombreux adultes en train de s’accoupler sur chaque plant de menthe.
La Cantharide fauve se nourrit de nectar, de pollen et de petits insectes qui eux aussi visitent des fleurs …

Paris quadrifolia

La Parisette à quatre feuillesliliacéemélanthiacée) se rencontre dans les sous-bois de feuillus. Ses feuilles verticillées par quatre sont très caractéristiques. Sa fleur unique est également très originale, elle produit un fruit sphérique et bleuâtre fortement toxique. Ses populations montrent de fortes différences locales selon l’environnement.
Elle supporte le manque de lumière car les racines sont associées à un champignon-symbiote qui leur fournit des éléments nutritifs.

Parnassia palustris

La Parnassie des marais (Célastracée) est unique en son genre en France. Rencontrée dans les prairies humides de montagne (elle peut s’élever jusqu’au dessus de 2800 mètres). Ne forme qu’une fleur solitaire blanche à 5 pétales parcourus de nervures transparentes ainsi que de 5 staminodes* à cils glanduleux nectarifères en face de chaque pétale (photo 1).
Elle possède une rosette de feuilles basales cordiformes, longuement pétiolées ainsi qu’une feuille caulinaire embrassante, implantée sur la partie inférieure de la tige (photo 2).
 Conrad Kirouac dans la « Flore laurentienne » émet l’hypothèse de la carnivorie car le fond des staminodes sécrète un liquide. Après fécondation de la fleur, ce liquide visqueux et acide semble se concentrer et y piéger des insectes.
En début de floraison, les étamines sont fertiles et se courbent à tour de rôle vers le stigmate infertile (voir photo 3).
Les insectes pollinisateurs attirés par les staminodes se posent sur l’anthère et s’enduisent le ventre de pollen. Par la suite, les étamines s’écartent du stigmate. Les anthères ayant acompli leur rôle finissent par tomber et le stigmate entre en phase fertile.

*étamines stériles transformées munies chacunes d’environ 7 à 15 cils blanc, dont l’extrémité globuleuse jaune et sèche, mais brillante comme une gouttelette de nectar, attire les insectes

Nom de genre : du mont Parnasse (Grèce)

Picris hieracioïdes ssp umbellata.

Le Picris de Villars se distingue de la ssp hieracioïdes par :
-involucres et pedoncules poils mous noirs (et non pâles).
-involucre un peu plus long.
-capitules groupés dans la partie terminale des rameaux et non sur toute leur longueur.
-répartition plus montagnarde.

Pimpinella saxifraga

Le Petit boucage ou Boucage saxifrage est une Apiacée à tige pleine et folioles petites (2 à 3 cm sur 1 à 2cm) contrairement au Grand boucage à tige creuse et grandes folioles (5 à 7 cm sur 2 à 4 cm). Fleurs blanches ou rosées assez petites. La tige est pleine, avec une consistance herbacée, à section ronde. Elle a une surface striée et elle est pubescente. Les feuiles peuvent avoir des formes assez variables (Photos IAO). FSY : Son nom français « boucage » évoque l’odeur de bouc de sa racine.

Pinguicula grandiflora

FloreAlpes : La Grassette à grandes fleurs. Comme son nom l’indique, les fleurs des cette espèce sont de grande dimension par rapport à celles des autres grassettes. Le bon critère à observer est la tache rectangulaire striée de violet située à la gorge des fleurs.
Originaire des Pyrénées, c’est une plante de montagne qui apprécie les terrains très humides et les sols tourbeux, les pâturages et rochers humides. En dehors des Pyrénées où elle est abondante, cette espèce relativement rare est protégée en France
Originalité : Elle a un système dit semi-actif : les feuilles sont recouvertes de glu piégeant les insectes qui s’y posent et sont ensuite digérés par les sucs sécrétés.

Par Jessica Joachim.
Saxifraga aizoïdes

La Saxifrage faux Orpin ou Saxifrage des ruisseaux pousse en touffe dans les lieux humides. 

Illustration par Jessica Joachim :

Saxifraga hirsuta.

La Saxifrage hérissée ou Saxifrage hirsute possède une tige frêle et sans feuilles. Celles-ci forment une rosette radicale, sont dentées, pourvues d’un long pétiole hérissé de poils blancs. Les fleurs blanches sont groupées en panicule.
FloreAlpes : Plante assez proche de S. umbrosa mais à feuilles à limbe très rond dont la face supérieure porte des poils raides.

Voir photos de flore-midi-pyrenées . Répartion : Pyrénées centrales et occidentales – Naturalisé dans les Vosges.

Sideritis hyssopifolia subsp. eynensis

Crapaudine des Pyrénées: Sous-arbrisseau vivace de la famille des labiées. Pousse dans les rocailles calcaires mais aussi dans les prairies attenantes à ces zones rocheuses dans les Pyrénées jusqu’à 1 800 m d’altitude.
Comme beaucoup de plantes de montagnes de sa famille, Sideritis hyssopifolia est utilisée pour les liqueurs et tisanes. Les recettes ressemblent à celles du génépi et du Millepertuis nummulaire (Hypericum nummularium). On cueille la sommité fleurie exclusivement. On en met une quarantaine dans un litre d’eau-de-vie, on laisse macérer quatre à cinq semaines, puis on filtre et on sucre à son goût.

Sisymbrium austriacum.

Le Sisymbre d’Autriche ou Sisymbre des Pyrénées est une Brassicacée vivace qui mesure généralement entre 30 et 60 cm de hauteur et présente un port dressé avec des tiges anguleuses et ramifiées. Les feuilles, de forme variable, sont finement divisées et alternes sur les tiges. La plante se caractérise par ses petites fleurs jaune vif regroupées en grappes denses, typiques du genre Sisymbrium.

Sisymbrium austriacum joue un rôle important dans les écosystèmes de transition et les habitats rudéraux où elle contribue à la stabilisation des sols perturbés. Ses fleurs jaunes, produites en mai et juin, attirent de nombreux insectes pollinisateurs, notamment les abeilles sauvages et les mouches syrphes, essentiels au maintien de la biodiversité locale. Cette espèce pionnière colonise rapidement les espaces dégradés et crée un micro-habitat favorable à l’installation d’autres plantes herbacées.



plante rampante dont les fleurs poussent en couronne.

Auteur/autrice

  • Biologiste amateur et photographe amateur, amoureux de la nature, je partage ici mes observations faites au cours de mes promenades.
    Ce blog est dédié à tous les naturalistes qui oeuvrent au quotidien pour l'étude et la préservation de la nature qui nous entoure.
    Comme le site insectes.org, jai l'intime conviction que les connaissances, qu'elles soient le fait d'amateurs ou de scientifiques de renom, doivent être mises à la disposition de chacun, pour former une bourse du savoir gratuite et sans prétention. Je compte sur l'indulgence bienveillante du lecteur à l'égard des fautes dont cet article est, comme les bonnes viandes, persillé. Merci de ne pas hésiter à me les signaler dans vos commentaires.

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