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Plateau de Sanchèse (Pyrénées). Partie 1/2.

Plateau de Sanchèse (Pyrénées). Partie 1/2.

Balade du 14 juillet 2026 avec Bernadette et Daniel.

Les Pyrénées recèlent une multitude de sites d’exception, dont le célèbre plateau de Sanchèse (1100m d’altitude), niché au cœur de la vallée d’Aspe et de l’amphithéâtre minéral du cirque de Lescun dans les Pyrénées Atlantiques Béarnaises.

Nous avons pris le chemin qui monte du parking de Anapia au plateau de Sanchèse à travers une forêt de feuillus.


Observations classées par ordre alphabétique :

Anemone hepatica ou Hepatica nobilis.

C’est une plante à la floraison précoce (mars-avril), il ne subsistait que ses feuilles. En effet cette Renonculacée vivace se caractérise par un feuillage persistant tout l’hiver.
Généralement montagnarde, elle est ici spontanée dans une forêt de feuillus, sur sol calcaire et drainé.
Hepatica” vient du grec “hepatos” qui signifie “foie”. Hepatica nobilis est aussi une plante médicinale. Son nom d’hépatique provient de la forme de ses feuilles à 3 lobes arrondis, d’un vert olivâtre sur le dessus, brun-rougeâtre ou pourpré sur l’envers, ce qui peut évoquer la couleur du foie. Sa fleur peut être bleue, blanche ou violette.
Selon la théorie des signatures, qui faisait autorité au Moyen-Age, cette petite plante était réputée soigner le foie.
Conservation nature : L’Anémone hépatique joue un rôle important dans les écosystèmes forestiers tempérés comme indicateur écologique et source alimentaire printanière. Ses fleurs précoces attirent les pollinisateurs pionniers.

Anes du plateau de Sanchèse.
Angélique des Bois, Comment la reconnaître ?
Inflorescence en grande ombelle légèrement bombée de 20 à 30 rayons pubescents.

Conservation-nature : Apiaceae bisannuelle, elle forme durant sa première année une rosette de feuilles basales. Ses feuilles sont alternes, avec une base engainante, très larges et divisées ; leur pétiole est creusé en gouttière. Elles sont 2 fois tripennées ; chaque foliole est ovale à lancéolée et dentée. Lors de sa seconde année de croissance, la plante a accumulé suffisamment de réserves pour produire une haute tige florifère. Angelica sylvestris produit alors une tige épaisse et creuse, striée, généralement ramifiée vers le haut, haute de 60 à 200 cm. Les feuilles de la tige sont décurrentes (engainantes) sauf les plus hautes. Les inflorescences sont composées de très grandes ombelles formées de 20 à 30 rayons portant des petites fleurs blanches à rosées. L’angélique sauvage fleurit de juillet à septembre. Pollinisée par de nombreux insectes attirés par son parfum (photo), elle produit d’aout à octobre de petits fruits à membranes ondulées. Une fois la fructification terminée, l’angélique des bois meurt : elle se pérennise par semis.

Comme l’ensemble du genre Angelica et de la famille des Apiaceae, l’Angélique des bois possède des propriétés médicinales reconnues depuis l’Antiquité. La racine et les fruits contiennent des coumarines et des huiles essentielles aux vertus carminatives, digestives et anti-inflammatoires. Traditionnellement, elle est utilisée pour faciliter la digestion, soulager les spasmes intestinaux et stimuler l’appétit. Elle possède également des propriétés diurétiques et expectorantes, employées pour traiter les affections respiratoires légères. En cosmétologie, l’essence d’Angélique entre dans la composition de certains parfums et produits de beauté.

Pour aller plus loin : IAO + NDT

Aquilegia vulgaris

 L’Ancolie commune est une Ranunculaceae qui fleurit de mai à juillet. Elle possède une tige ramifiée portant de nombreuses fleurs renversées formées de 5 pétales libres, égaux, arrondis, à long éperon très crochu. Le calice est formé de 5 sépales ovales, de même couleur que les pétales. Les étamines, nombreuses (entre 50 et 100) sont soudées entre elles, regroupées autour du pistil. 
Les feuilles (photo 1) sont formées de 3 folioles, elles-mêmes formées de segments séparés.
Les fruits (photo 2) sont des follicules, formés à partir des carpelles, contiennent des graines noires et luisantes..

Pour aller plus loin : Jessica + IAO + NDT.

Betonica officinalis

L’Épiaire officinale, Bétoine officinale Stachys officinalis ou simplement Bétoine est une Lamiacée.
N.B. : Bétoines : Elles se différentient des stachys par leur inflorescence compacte au  lieu de verticilles. Elles possèdent à la floraison une rosette basale de feuilles. Ce n’est pas le cas des Stachys. Les analyses génétiques et la phytochimie de cette plante ont confirmé qu’elle n’était pas un Stachys mais était plus proche du genre Galeopsis.

Elle se reconnaît à ses épis floraux pourpres denses et dressés. Mesurant de 15 à plus de 60 cm, elle possède une rosette basale. Les feuilles caulinaires, opposées, crénelées et pétiolées sont rares et parfois très espacées.
La tige est très droite, quadrangulaire et striée.
Utilisations : On utilisait parfois les feuilles séchées comme du tabac à priser, ou comme substitut du thé. Les jeunes pousses peuvent être consommées en salade, avec modération + Propriétés médicinales.

Pour aller plus loin : Naturealsacebossue + Acteur nature.

Caltha palustris. dans le lit du petit gave de Lauga et celui d’Anaye.

Le populage des marais pousse en touffes, ses feuilles sont glabres, en forme de cœur, dentées, les inférieures longuement pétiolées. Les tiges sont en partie rampantes avec des racines adventices aux nœuds. Les fleurs, assez grosses sont apétales mais possèdent cinq tépales pétaloïdes d’un jaune d’or vif.

Campanula glomerata, patula et scheuchzeri. (Campanulacées)

La Campanule à fleurs agglomérées se caractérisée par ses fleurs groupées en un glomérule terminal.
Ses feuilles sont ovales, en forme de coeur à la base.
D’autres glomérules plus petits sont parfois situés à l’aisselle des feuilles supérieures.

Campanula patula se reconnaît à ses fleurs nombreuses dont la corolle possède des lobes pointus et très étalés. C’est une bisannuelle non stolonifère. Les lobes de son calice sont finement dentés à la base.

Campanula scheuchzeri : ses feuilles sont longues et fines. Sa tige est assez courte. Les fleurs sont souvent uniques.
Comparaison avec C. rotundifolia par FloreAlpes (qui possède en + des feuilles rondes, cachées à sa base)

Carlina acaulis

La Carline acaule est une Astéracée vivace caractérisée par son port très singulier sans tige apparente. Elle forme une rosette basale compacte de feuilles étroites, dentées et épineuses, directement au ras du sol. Les capitules floraux, de grande taille, émergent au centre de cette rosette et présentent des bractées externes en écailles pointues, tandis que les fleurs centrales sont blanches ou légèrement teintées de rose. Cette espèce mesure généralement 10 à 30 cm de hauteur et occupe les pelouses sèches, les prairies calcaires et les pentes arides des régions méditerranéennes et d’Europe centrale.
FloreAlpes comparaison de 2 ss espèces.

Ses fleurs s’ouvrent par temps sec et se referment par temps humide.
Du temps de Charlemagne, elle était utilisée contre la peste.
Le genre comporte une trentaine d’espèces. Voir Carline commune par NDT et par Notes de terrain.

Carte géographique mâle forme estivale

 Son nom provient du motif en réseau de traits blancs qui orne le revers de ses ailes.
Cette espèce présente plusieurs générations successives chaque année avec un fort dimorphisme saisonnier :
Les individus nés au printemps (forme levana qui ressemble à une belle dame) sont clairs, ceux de la génération estivale (forme prorsa -photo-) sont noirs avec une bande blanche. Les oeufs sont collés au revers de feuilles de la Grande ortie, la plante hôte, présente en abondance au bords du chemin, en lisière de la forêt.
N.B. : c’est la seule espèce étudiée dont l’aire de répartition, au lieu de se translater vers le nord ou de voir sa limite sud remonter vers le nord, s’est au contraire étendue, à la fois vers le nord et vers le sud, les papillons sont un des bioindicateurs possibles du changement climatique.

Pour aller plus loin : Le jardin des oiseaux par Jean-Louis Lovisa.

Dactyloriza maculata

L’Orchis tacheté est une espèce commune très variable difficile à différencier de l’orchis de Fuchs. Deux caractères plus ou moins marqués permettent en principe de les différencier : D. maculata présente un labelle en général moins découpé aux motifs plus fins (points et lignes très fines) et la feuille la plus inférieure est ordinairement à sommet aigu (obtus chez D. fuchsii).
C’est ce dernier critère qui a été utilisé ici pour sa determination. Comparaison FloreAlpes.

Voir : Les orchidées sauvages d’Elisabeth et Jean-Luc + Jessica Joachim

Nous trouvons : Daphné laureola et Dianthus hyssopifolius:

 Dianthus hyssopifolius

Pour la déterminer, il faut observer le bord des follioles (pinnules) :

Dryopteris affinis, borreri et felis mas.

Les pinnules (subdivisions des frondes des fougères) ont des dents peu marquées et quasi seulement à l’extrémité, c’est donc D. affinis au sens strict ! La plante forme une touffe de frondes dressées.

Grand Dryoptéris ressemblant beaucoup à D. filix-mas, mais comme son nom l’indique, à pétiole bien plus écailleux : pétiole et rachis sont garnis de grandes écailles dorées. Autre critère de différenciation : l’axe des pennes est taché de noir à la face inférieure à l’insertion sur le rachis.
Comparaison FloreAlpes entre Dryoptéris écailleux (Dryopteris affinis) et Fougère mâle (Dryopteris filix-mas).

Nous avons croisé 2 épipactis (Orchidées) qui se ressemblent :

Epipactis atrorubens, Epipactis rouge sombre
Epipactis helleborine, Epipactis à larges feuilles.

Pour les différencier, la tige et les ovaires de l’Epipactis rouge sombre sont couverts de poils étoilés, blancs et denses, contrairement à E. helléborine.

Comparaison de leurs fleur par NDT :

E. rouge sombre : Gibbosités profondément sillonnées (aspect chiffonné, crépu). Forte odeur de Vanille.
E. helléborine : Gibbosités faiblement ondulées.
N.B. : E. à petites feuilles : Gibbosités profondément sillonnées (aspect chiffonné, crépu), mais fleurs verdâtre lavé de pourpre clair et facilement identifiable à ses petites feuilles étroites et peu nombreuses.

Erica vagans et Eryngium burgatii

Erica vagans : sous-arbrisseau de 30-80 cm, glabre, à tiges tortueuses, à rameaux dressés et glabres, feuilles verticillées par 4-5.
Les étamines violet sombre dépassent largement de la corolle en cloche rose, presque aussi large que longue (3-4 mm).
Les fleurs en forme de clochettes sont réunies dans une inflorescence sub-terminale et se développent parmi les jeunes feuilles.
Comparaison Flore Alpes avec la Bruyère à fleurs nombreuses (Erica multiflora).

Bruyère vagabonde, Bruyère voyageuse par SNV Jussieu.

Eryngium burgatii, Panicaut de Bourgat : Native des zones montagneuses du sud-ouest méditerranéen, particulièrement des Pyrénées (région de Bourgat), cette plante s’est adaptée aux terrains rocheux et bien drainés. 
Wikipédia : Les bractées épineuses de l’involucre sont situées à mi-hauteur sur la tige.
Ses fleurs durables, bleu-violet intense, sont particulièrement adaptées aux compositions florales fraîches ou séchées.

Fagus sylvatica

Le hêtre est une essence bioindicatrice d’un climat tempéré humide. Il est l’une des principales essences forestières constitutives des forêts tempérées caducifoliées d’Europe. Wikipédia.

Non loin des gaves, nous avons trouvé, outre des confières, des aulnes et Frangula alnus, la Bourdaine, une rhamnacée.

Arbrisseau de 1 à 3 m poussant soit sur des terrains humides et acides, soit sur des terrains secs et calcaires (comme ici).
Tinctorial, il permet d’obtenir plusieurs couleurs (écorce et baies) : l’écorce se dédouble facilement : l’externe est brun-noir, l’interne est verte. De nombreuses lenticelles grisâtres et allongées sont apparentes en surface. L’écorce exhale une odeur forte et désagréable. Servit pendant plusieurs siècles à la fabrication de la poudre à canon.

Euphorbia amygdaloides / sylvatica et Galeopsis tetrahit en lisière de forêt.

Et je termine cette première partie avec … :

La Gentiane des marais ou Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe).
Haute de 10 à 60 cm (parfois plus), dans une zone pâturée, elle mesurait ici 10 cm tout au plus.
Ses fleurs bleu vif, rayées de vert à l’extérieur, parsemées de taches arrondies à l’intérieur font environ 4 cm de long. Elles sont pédonculées. Elle est la plante hôte d’un petit papillon, l’Azuré des Mouillères (Phengaris alcon).


Quelques jours après son éclosion, la chenille de l’Azuré émet des phéromones comparables à celles des fourmis du genre Myrmica. Ces dernières croyant alors qu’une larve de fourmi est sortie de la fourmilière l’y ramènent et en prennent soin. Ce n’est qu’en devenant un papillon, que la production de phéromone cesse, obligeant l’Azuré à quitter la fourmilière.

Auteur/autrice

  • Biologiste amateur et photographe amateur, amoureux de la nature, je partage ici mes observations faites au cours de mes promenades.
    Ce blog est dédié à tous les naturalistes qui oeuvrent au quotidien pour l'étude et la préservation de la nature qui nous entoure.
    Comme le site insectes.org, jai l'intime conviction que les connaissances, qu'elles soient le fait d'amateurs ou de scientifiques de renom, doivent être mises à la disposition de chacun, pour former une bourse du savoir gratuite et sans prétention. Je compte sur l'indulgence bienveillante du lecteur à l'égard des fautes dont cet article est, comme les bonnes viandes, persillé. Merci de ne pas hésiter à me les signaler dans vos commentaires.

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