
Balade aux Lacs de St Jean-de-Chevelu, 17 août 26.
Avec Saïda et Pascal.
Observations classées par ordre alphabétique en noms latins :

1- Acer negundo, l’Érable negundo, Érable à feuilles de frêne. Manitoba Maple en anglais.
Cette essence originaire d’Amérique du nord a été introduite en tant qu’arbre d’ornement et s’est révélée être localement envahissante. Les rameaux sont rigides, vert olivâtre parfois teintés de pourpre ou de brun, d’aspect un peu cireux. (photo 2)
Les feuilles sont opposées, imparipennées (ce qui constitue une originalité parmi les érables), de 3 à 5 folioles ovales (photos 1 et 3) acuminées, dont la moitié apicale est dentée en scie de façon irrégulière, et parfois même lobées.
L’arbre de 10 à 15 m de haut en moyenne est dioïque : les fleurs femelles et les inflorescences mâles sont sur des arbres différents.
EEE : A l’échelle nationale, l’Erable négondo peut nuire aux activités liées à la sylviculture (notamment en forêt alluviale) en freinant, voir en empêchant la régénération naturelle des ligneux. L’Erable négondo est capable de produire un grand nombre de semences qui sont dispersées essentiellement par le vent grâce à ses samares ailées, mais également par l’eau.
N.B. : moins que l’érable sycomore, mais il peut être responsable de cas de myopathie atypique des équidés.

2- Amaranthus hybridus, l’amarante hybride, Amaranthacée / Chénopodiacée.
Photo 4 : colonisée par des larves de la punaise verte : Nezara viridula.
FloreAlpes : Plante de taille moyenne poussant sur le bord des chemins, dans les friches et terrains vagues. Ses feuilles sont bien vertes, ovales, assez luisantes, pointues et alternes. Les fleurs sont vertes ou rougeâtres, disposées en épis très denses. La tige est glabre et diffère en cela de A. retroflexus, mais aussi par les tépales des fleurs femelles qui paraissent ailés chez A. retroflexus :

Le genre Amaranthus comprend une soixantaine d’espèces. Quelques espèces sont considérées comme « mauvaises herbes », communes dans les champs cultivés et pour certaines devenues très problématiques dans les cultures transgéniques car résistant maintenant au glyphosate, le désherbant le plus utilisé au monde.
Depuis très longtemps, diverses espèces d’amarantes sont cultivées pour l’alimentation en Asie, en Amérique et en Afrique.

3- Ambrosia artemisifolia, l’Ambroisie. La voir dans Comment photographier une plante ou un petit animal.
C’est une plante invasive d’origine nord-américaine dont le pollen est très allergisant.
Nous en avons trouvé en bord de route sur le parcours et avons arraché nombre de pieds mais il y en avait beaucoup. C’est en effet le début de la floraison et donc des alertes : le pic de pollinisation va être déclenché. Depuis le lac du Bourget nous avons trouvé de nombreux panneaux alertant sur la lutte contre cette plante.
Les grains de pollen par plante se comptent en milliards et leur dispersion par le vent peut atteindre un rayon de 100 km. La région Auvergne Rhône-Alpes est la région la plus touchée.
Seulement 5 grains de pollen par m3 d’air suffisent pour déclencher une allergie (10% des personnes sont allergiques). Les pertes de rendement de certaines cultures sont de 20 à 80%.
Fleurs mâles et femelles séparées : les fleurs mâles sont regroupées en épi en haut et protègent leur pollen par une sorte de parapluie et les fleurs femelles se situent la base des feuilles supérieures.

4- Artemisia vulgaris, l’Armoise commune, Armoise citronelle. Astéracée :
Tiges rougeâtres, pubescentes et striées (photo 1) . Feuilles n’ayant pas le même aspect sur leurs deux faces : vert foncé et très légèrement duveteuses sur leur face supérieure, elles sont d’un blanc argenté sur leur face inférieure car recouverte d’un feutrage blanchâtre (Photos 1 et 3), elles dégagent une odeur forte quand on les froisse.
N.B. : A ne pas confondre avec : l’Ambroisie : Ambrosia artemisifolia vue au dessus, ni avec Artemisia verlotiorum, l’Armoise des frères Verlot : On la distingue de l’Armoise commune par son port en colonie (vs. en touffe), sa floraison automnale (vs. estivale), ses tiges ramifiées seulement dans les parties fleuries (vs. ramifiées dès les parties végétatives), feuilles à segments non ou rarement dentés (vs. feuilles à segments irrégulièrement mais nettement dentés), vert clair sur leur face supérieure (vs. vert foncé). La plante est très aromatique (vs. peu odorante). Elle se multiplie principalement par reproduction végétative pour former des tapis denses (plante rhizomateuse possédant de nombreux stolons).
N.B. : A. verlotiorum : Probablement originaire du sud-ouest de la Chine. Son introduction en Europe pourrait être liée à des opérations militaires françaises conduites en Chine entre 1856 et 1873 (Pampanini, 1933).

5- Azuré des coronilles. Espèce présentant un dimorphisme sexuel : le dessus du mâle est bleu violet uni à frange blanche, celui de la femelle souvent d’une teinte plus marron présente une ligne de lunules submarginale orange surtout visibles aux postérieures. Peut facilement être confondu avec les espèces voisines Plebejus idas et Plebejus argus.
Les chenilles possèdent des glandes nectarifères qui sécrètent un liquide sucré très apprécié des fourmis. En échange de cette nourriture, celles-ci les protègent efficacement contre de nombreux prédateurs et parasites. L’azuré des coronilles apprécie particulièrement les fleurs des Fabacées, notamment les coronilles, la plante-hôte principale de sa chenille est Securigera varia, la Coronille bigarrée.
Dans La Vie des papillons, Tristan Lafranchis décrit ainsi la parade nuptiale : « Le mâle patrouille son habitat à la recherche des femelles posées dans l’herbe. Lorsqu’il en a repéré une, il s’approche et tourne autour d’elle en vol. Il émet une phéromone qui inhibe le mécanisme de refus chez les femelles vierges et au contraire le provoque chez une femelle fécondée : celle-ci fait alors vibrer ses ailes entr’ouvertes et dresse son abdomen avant de s’envoler. Si la femelle accepte de s’unir, elle referme les ailes et reste immobile. Le mâle vient se poser près d’elle, s’en rapproche en marchant et s’accouple. »

6- Colias crocea, le souci avec lui, c’est qu’il ne montre presque jamais le dessus de ses ailes lorsqu’il est posé !
Pour l’observer en position ailes ouvertes.
N.B. : Le Souci peut être confondu avec d’autres espèces du genre Colias. Quand il est posé ailes repliées, le Souci est surtout difficile à distinguer du Fluoré (Colias alfacariensis) ou du Soufré (Colias hyale).
C’est un migrateur sédentarisé dans le sud de l’Europe, les plantes hôtes de ses chenilles sont diverses fabacées.

7- L’ épilobe hirsute, Épilobe à grandes fleurs. Voir plante n°9, Balade au Plateau de Beauregard.

8- Equisetum telmateia, la Grande Prêle. (9 espèces de prêles en France). Les tiges stériles de cette prêle qui est la plus grande prêle d’Europe sont très robustes et peuvent atteindre 2m. Elles portent des verticiles de rameaux (photo 2) situés sous la gaine dentée (photos 2 et 3) correspondant aux feuilles. Les gaines vertes possèdent de 20 à 30 dents.
Les tiges fertiles apparaissent seules au début du printemps. Elles ne sont pas chlorophylliennes et ne dépassent pas les 30 cm de haut. Elles n’ont pas de rameaux verticillés et sont terminées par un gros épi produisant des spores vertes. Elle colonise les lieux humides (ici non loin du ruisseau la Meline). Voir l’excellent article de Vannete ( NDT)
Les Prêles sont issues de la seule lignée survivante de la famille des Équisétacées, très diversifiée pendant le Carbonifère. Ce sont toutes des espèces herbacées, alors que d’autres familles de prêles aujourd’hui éteintes étaient composées d’espèces arborescentes comme le célèbre genre Calamites.

9- Erigeron canadensis = Conyza canadensis, la Vergerette du Canada se caractérise par de petits capitules très nombreux sur le modèle de la marguerite (fleurs périphériques ligulées blanches et fleurs centrales tubulées jaunes), une tige dressée couverte de poils blancs dont la partie basse est feuillée (photo 1) et la partie haute couverte de nombreux rameaux abondament fleuris (photo 2). Observez ses feuilles étroites à poils marginaux blancs hérissés, comme sur la tige (photo 3) ou ci-dessous :

Peut être confondu avec d’autres Erigérons : E. sumatrensis ou E. bonariensis (non pas la vergerette bonne à rien, mais de Buenos aires !) Les poils marginaux sont couchés, donc parallèles à la marge pour sumatrensis et bonariensis.
Bractées pourprées au sommet pour E. bonariensis (jaunâtres pour E. sumatrensis).
Ces Vergerettes sont devenues fortement invasives.
Voir Vergerettes ou Érigérons sur ce site + Erigeron alpinus par Jessica.
N.B. : le genre Érigéron regrouperait plus de 400 espèces.

10- Galeopsis tetrahit, Galéopsis tetrahit, Sauvages du Poitou : Celle qui pue la belette ! (traduction de galeoblolon/galeopsis en grec).
Sa tige est renflée sous chaque nœud et porte des soies raides et glanduleuses, autre excentricité le démarquant de ses cousins Lamiers: ses feuilles présentent des nervures pennées (rangées comme des arêtes de poisson). Photo 2. Ses fleurs sont blanches ou rosées, à la lèvre inférieure tachée de jaune. Bois clairs, haies, bord des chemins. IAO. + Francini mycologie.
Photo 1 : Le calice est velu, il est en tube, avec 5 dents égales, aiguës, de la longueur du tube.
N.B. : Il est issu de l’hybridation naturelle entre d’autres Galéopsis (G.speciosa et G.pubescens). Une dizaine d’espèces de Galéopsis présentes en France. Son nom d’espèce, tetrahit, exprime le doublement de ses chromosomes: le Galéopsis tetrahit est «tétraploïde», c’est à dire qu’il possède un double stock de chromosomes issus de ses 2 parents, dont les bagages chromosomiques dissemblables se sont additionnés. Ici très abondante en colonies le long du ruisseau la Meline.
Comestible, mais sa forte odeur de belette risque de dissuader les cueilleurs!

11- Mentha aquatica, la menthe aquatique est facile à identifier avec ses fleurs groupées en boule (glomérule=photo 2) à l’extrémité des tiges couvertes de poils blancs dirigés vers le bas (photo 2). Souvent, un petit groupe de fleurs à l’aiselle des feuilles en dessous (photo 1).

12- Mentha suaveolens, la menthe à feuilles rondes est une vivace qui peut coloniser de larges espaces grâce à ses tiges souterraines par lesquelles elle s’étend. Ses feuilles sont ovales et arrondies, couvertes d’un épais duvet. Ses fleurs blanches sont regroupées en épis allongé au sommet des tiges.

13- Persicaria lapathifolia, Renouée à feuilles d’oseille. Le genre comporte une centaine d’espèces.
Sa production de graines est considérable. Caractéristique des habitats boueux humides.
FloreAlpes : Elle se reconnaît à ses feuilles longues, plus larges dans le tiers inférieur (photo 1). Ces dernières sont souvent maculées de noir ou de pourpre au milieu, mais ce critère n’est pas suffisant. Les marges de l’ochréa sont très courtement ciliées (- de 0.5 mm) (photo 3). Ses pédoncules floraux sont pourvus sous l’inflorescence de nombreuses petites glandes jaunes.
Ses fleurs forment des épis grêles, souvent penchés. (Photo 2). Autres espèces proches.
N.B. : Polymorphe quant à la couleur des fleurs, son port et la pubescence de sa tige.


14- Scutellaria galericulata, la Scutellaire casquée ou Grande toque est une Lamiacée aux fleurs axillaires, bleu-violet, solitaires ou par 2, tournées d’un même côté. Vivace de 2 cm à 1 mètre, à souche rhizomateuse traçante, habitant les zones humides. La lèvre supérieure du calice porte une sorte d’écaille visible en photos 1 et 2 .
Sur la photo 1, observez en partie basse des boutons floraux fermés à l’aisselle des feuilles. En fait, après que la fleur soit passée, le calice se ferme, de sorte que les semences se trouvent ainsi protégées dans une espèce de capuchon en forme de bec de canard, d’où certains de ses noms vernaculaires : héaume, herbe à capuchon. Ce calice en forme de casque est caractéristique du genre Scutellaria. 5350 espèces de plantes herbacées, de sous-arbrisseaux et même d’arbustes réparties un peu partout à travers le monde.

Voir Scutellaria hastifolia, scutellaire à feuilles hastées, aussi rare que Scutellaria galericulata : Plante 44, sortie du 24 mai 23.
N.B. : Dans plusieurs communes du département de Saône-et-Loire, on était persuadé que, si l’on faisait la lessive le jour du Vendredi saint, cela amènerait dans la maison un grand malheur, à moins d’avoir fait bouillir avec le linge trois feuilles de Scutellaire casquée.
Bien que l’espèce ne soit pas actuellement menacée, la disparition des zones humides constitue une préoccupation majeure.
Elle diminuerait l’anxiété en apaisant le système nerveux.

15- Thelypteris palustris, la fougère des marais, vue au sud du lac nord (image ci-dessous).
Fougère des bords de marais permanents, ou même immergée sous 10 cm d’eau. Elle présente un port en bouquet de frondes disposées en couronne, naissant du sol au printemps et atteignant 40 à 80 cm de hauteur pour 1m de largeur au minimum. Ses rhizomes longs de 50 cm produisent de nombreux stolons permettant à la plante de s’étaler latéralement. Les nouvelles ‘crosses‘ sortent de terre dès le mois d’avril. Elles se déploient en grandes frondes stériles larges de 20 cm, glabres, bipennées dotées de longs pétioles noirs. Les lobes des pinnules sont entiers, très légèrement enroulés vers la face inférieure. Leur couleur est un vert clair très vif. Les frondes fertiles, plus étroites, surgissent du rhizome environ 6 semaines plus tard.

