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Semaine 16 2026, Roche de Solutré, Partie 3/3.

Semaine 16 2026, Roche de Solutré, Partie 3/3.

Suite et fin des observations de la semaine 26:

Depuis 2002, la roche de Solutré comprend un site NATURA 2000; il s’agit d’un plan sur 10 ans visant la reconquête des « pelouses calcicoles du Mâconnais ». En effet, il a été constaté une régression de la surface des pelouses sèches au profit de formations arbustives et arborescentes (buis, amélanchiers, frênes, chênes, Alisiers de Bourgogne, …) afin de maintenir une continuité entre les différentes « clairières » de pelouses, il a fallu lutter contre leur embroussaillement grâce à un broyage mécanique suivi d’un fauchage régulier afin de reconnecter les pelouses et favoriser la circulation des animaux introduits dans le cadre d’un plan de pâturage par des ânes et des chevaux rustiques descendants du cheval Tarpan : les Konik polski.

Les zones débrousaillées ce printemps, ont déjà été colonisées par des plantes qui seront notées en violet :

Plantago lanceolata. Le plantain lancéolé, un régal pour l’apéro !

-La particularité de Poa bulbosa réside dans son mode de reproduction :
Awkwardbotany : Il produit des graines, comme toute autre espèce végétale, mais il peut modifier ses parties florales pour former des bulbilles, minuscules plantes qui, une fois séparées de leur plante mère, peuvent former des racines et devenir une plante adulte. Ces bulbilles sont donc des clones de la plante mère. Les bulbilles sont une forme de pseudoviviparité, c’est-à-dire de petites plantules attachées à une plante mère (d’où son inflorescence paraissant « chevelue »). La véritable viviparité se produit lorsqu’une graine germe à l’intérieur d’un fruit tout en restant attachée à sa plante mère.
Dispersion : Comme les graines, les bulbilles sont de petits paquets d’amidon et de graisse, et sont donc recherchées par les petits mammifères et les oiseaux comme source de nourriture. On dit que les fourmis et les petits rongeurs les collectent et les cachent, ce qui constitue un moyen de dispersion.
Sinon, les bulbilles dépendent principalement du vent pour se déplacer.
Et comme si cela ne suffisait pas, le pâturin bulbeux serait la seule espèce de graminée à posséder cette caractéristique : il produit des bulbes souterrains d’où son nom de pâturin bulbeux.

-Polygonatum odoratum, le Sceau de Salomon odorant à ne pas confondre avec Polygonatum verticillatum (L.) All., 1785, Sceau-de-Salomon verticillé, Muguet verticillé. Comparaison Flore Alpes.

-Une autre plante ayant bien profité de l’intervention de Natura 2000 :

Potentilla sterilis.

Potentilla sterilisPotentille stérilePotentille faux fraisier. Rosacée.
Petite potentille des sous bois et des haies à l’aspect général d’un petit fraisier.
Stérilis car elle ne forme pas de fraise rouge, mais de petits fruits secs dissimulés par de grands sépales.
Il est nécessaire d’écarter les sépales pour voir le fruit.
Elle est reconnaissable à ses petites fleurs à pétales blancs, très espacés et formant chacun un coeur pointé vers le centre. Les sépales verts sont visibles entre les pétales blancs. P. sterilis est stolonifère.
Feuilles divisées en 3 folioles dentées, la dent terminale plus courte que ses voisines, contrairement aux fraisiers. Habituellement, on la trouve dans les bois (hêtraiechênaie), les haies, les coupes forestières, les landes, les pelouses, le long des chemins. Ici, elle colonise abondament ces espaces débrousaillés et très ensoleillés. Voir Jessica.

Potentilla verna

Pour un tableau de comparaison des principales potentilles, suivre ce lien de NDT.
Quellles sont les caractéristiques de la Potentille printanière par NDT?

Les feuilles de la Potentille printanière sont composées palmées
Autres espèces de potentilles à pétales jaunesArgentina anserina (très commune), Potentilla reptans (très commune), Potentilla argentea (commune), Potentilla erecta (commune)
Prunus mahaleb et Quercus pubescens

Rameau fleuri de Prunus mahaleb, Cerisier de Sainte Lucie, Rosacée.
Il fleurit après Prunus spinosa, on reconnait ses feuilles qui sont refermées comme un livre entrouvert.
Beaucoup à dire dessus : Wikipédia.

Quercus pubescens, facilement reconnaisable au printemps : la face inférieure des nervures de ses feuilles et ses jeunes rameaux sont couverts de poils courts et mous, d’où son nom pubescens. Il est monoïque.
Facilement reconnaisable en hiver : son feuillage est marcescent, c’est-à-dire que ses feuilles sèchent et restent en place tout l’hiver ; elles tombent au printemps dès la poussée des jeunes feuilles. 
N.B. : Quercus pubescensQuercus petraea, Quercus pyrenaica et Quercus robur sont quatre espèces très proches génétiquement, avec une forte hybridation dans les forêts européennes.
Le chêne vert, le chêne sessile, et le chêne pubescent, sont les principales espèces de chênes utilisées pour la trufficulture.

Ranunculus bulbosus

Voir : De la bourgogne du soleil à la roche de Vergisson.
Voir : Balade botanique semaine 10 (2025) :
La renoncule bulbeuse tire son nom de son caractère distinctif : une tige souterraine (ou rhizome) gonflée comme un bulbe et située juste en dessous de la surface du sol (Photos 2 et 3).
Après la fanaison de la plante à la chaleur de l’été, le rhizome survit sous terre pendant l’hiver.
Autre caractère distinctif : ses sépales velus au dos se réfléchissent vers le bulbe.

Reseda phyteuma Rumex scutatus et Salvia pratensis

Reseda phyteuma, réséda raiponce, Résédacée. Voir : Fleurs de la semaine 14 (2024)
Flore Alpes : Ses fleurs méritent qu’on les regarde de près : les pétales sont divisés, très étroits et blancs, ressemblant à des synapses. Les anthères des étamines sont roses et d’une taille disproportionnée.
Sur la phto 15, observez que les étamines du haut sont « normales » et celles du bas hypertrophiées.
Monaconatureencyclopedia + L. Francini.

Rumex scutatus, Voir : Balade 2 semaine 43, plante n°33.
Flore Alpes : Cette oseille ronde pousse en touffes dans les rocailles et les éboulis où ses grandes racines fibreuses arrivent à s’ancrer solidement. Elle se reconnaît à ses feuilles basales longuement pétiolées, en forme de fer de lance ou d’écussons, de teinte bleu gris qui peuvent se consommer comme de l’oseille, mais au goût beaucoup plus doux. Les inflorescences vertes au reflets roses sont fines et se dressent bien au dessus du feuillage.

Salvia pratensis voir IAO. Le genre Salvia comporte plus de 600 espèces à travers le monde.
Ethymologie : du latin Salvare, «sauver», en hommage à leurs propriétés médicinales.
Tiges à section carrée et fleurs en forme de gueule ouverte d’ou émerge un style mimant la langue fourchue d’un serpent.
Voir absolument son mécanisme ingénieux de dissémination du pollen illustré par Vanette et par Sauvagesdupoitou.

Rem. : Elle a une cousine : Salvia verbenaca, la Sauge à feuille de verveine. C’est l’observation des rosettes de feuilles plaquées au sol qui nous permettra de les distinguer avant floraison:

Saurez vous les distinguer ?
Les feuilles sont plus découpées chez la Sauge à feuille de verveine (d’où son nom) que chez la Sauge des prés.

Rosettes de feuilles découpées de la Sauge à feuille de verveine à gauche versus Sauge des prés à droite.

Vous avez reconnu l’élégante Saxifraga granulata, la Saxifrage granulée ou Saxifrage à bulbilles.
Voir sur ce site: Marche des cailloux le 2 mai 2025.
Flore-en-ligne: Elle présente 2 types de feuilles charnues, velues sur les 2 faces, entières et rondes : celles de la base avec une base en forme de rein, celles de la tige sont palmées avec une base en coin.
La saxifrage granulé est une plante entièrement couverte de poils visqueux. Sa tige dressée peut atteindre 50 cm. Les feuilles lobées, très découpées, sont situées principalement à la base, même si quelques unes peuvent se trouver sur la tige. Les fleurs en cloche ont 5 pétales d’un blanc laiteux, finement strié de vert. 
Naturealsacebossue: Son nom provient du latin « saxum » -la pierre- et « frangere » -briser-, et « granulata », d’après la présence des bulbilles dans ses racines. L’origine de ce fraga, « frangere » (soit le mot ‘briser’) n’est pas tranché. Il provient soit du fait que les saxifrages poussent entre les rochers et donc les brisent (selon l’éminent botaniste l’abbé Coste), soit qu’ils ont la faculté de briser les calculs rénaux (selon Pline l’Ancien). Pline l’Ancien évoquait la théorie des signatures : les feuilles sont en forme de rein justement et les bulbilles ressemblent aux calculs rénaux.

Sherardia arvensis, la Rubéole des champs.

Wikipédia: Rubiaceae proche des Gaillets. C’est la seule espèce de son genre. Annuelle, plus ou moins couchée, velue. Feuilles elliptiques, verticillées par 4 ou 6. Les fleurs sont minuscules, mauves, par capitules et entourées de bractées foliacées.
Conservation-nature: Bien que considérée comme une mauvaise herbe dans les cultures, sa floraison longue (février à octobre) fournit une source de nectar aux petits insectes pollinisateurs, notamment les abeilles solitaires et les syrphes. Possède des propriétés historiquement reconnues en phytothérapie traditionnelle.

Résumé par Jessica:

Stellaria holostea, Stellaire holostée, ou Langue d’oiseau, Caryophyllacée :
Le terme « holostée » veut dire « entièrement [constitué] d’os », en raison de la forme particulière des tiges, anguleuses et renflées aux extrémités, ce qui les fait ressembler quelque peu à des os. Comme la tige est particulièrement cassante, la stellaire était autrefois préconisée dans le traitement des fractures, selon la théorie des signatures.
Son nom vernaculaire de langue d’oiseau, fait référence à la forme allongée et aiguë de ses feuilles.
Les jeunes pousses, feuilles et fleurs sont comestibles en salade (goût du petit pois).

Stellaria holostea et Capsodes flavomarginatus (larve).

Stellaria holostea et Phyciodes tharos (larve).

Stellaria holostea et Pancalia leuwenhoekella (imago).

Timarchia tenebricosa larve et Valerianella locusta

Larve de Timarque obscur, Chrysomèle noire ou crache sang (Timarchia tenebricosa).
Voir: Balade du 13 novembre 2025, Roche de Solutré.

Galium molugo et Timarcha tenebricosa. Voici l’adulte, photo Marche des cailloux, 4 mai 2024.

Son nom de genre fait référence à la démarche des élites à Athènes et Rome dans l’Antiquité qui, pour afficher de leur honorabilité, se devaient d’adopter une démarche flegmatique, noble et distinguée. Son nom d’espèce :  tenebricosa = noire.
Son nom commun de crache-sang vient de son comportement défensif : lorsqu’il est dérangé, il émet par la bouche et/ou les articulations une goutte d’hémolymphe, un liquide rouge réputé éloigner les prédateurs. Voir: Timarcha goettingensis et Timarcha tenebricosa.
N.B. : Ce phénomène de « saignée réflexe » existe chez d’autres insectes aptères.

Valerianella locusta, la Mâche ou doucette, Caprifoliacée.
Feuilles spatulées en rosette à la base et opposées sur les tiges. La base de ses petites fleurs, d’une couleur bleue très pâle, présente des bractées. Lupa + Notes de terrain.
C’est de cette espèce que sont issues les variétés cultivées consommées le plus souvent crues en salades. 

Veronica chamaedris et Veronica prostata.

Veronica chamaedris L., 1753Véronique petit-chêneIAOScrofulariacée / Plantaginacée.
Voir: Balade près de la Denante. (20 mai 2025). Dernière plante.
Voir publication du 17 février 2024 : Véroniques rencontrées au cours de nos sorties.
Ses fleurs sont d’un bleu assez vif, ses feuilles sont sinuées à la façon de celles du chêne, d’où son nom chamaedrys, son port est variable.

Veronica prostata. Voir: Véroniques rencontrées au cours de nos sorties. (n°8)
Port prostré. De 10 à 20 cm de hauteur, cette jolie véronique possède une tige plutôt rampante, mais aussi souvent redressée. Ses feuilles sont opposées, lancéolées, presque toujours en cœur à la base, plus ou moins dentées, sessiles. Ses fleurs sont bleu vif à bleu plus pâle, à 4 pétales inégaux soudés à la base, par paires en grappes terminales serrées, assez longuement pédonculées.
Se rencontre dans les pelouses, les rocailles et les versants secs, sur sols pauvres ou calcaires. LIEN.

Pour aller plus loin : Notes de terrain ! et Sauvages du Poitou ….

Viburnum lantana en fleurs.

Viburnum lantana, la Viorne lantane ou Viorne mancienne. Adoxacée.
Arbrisseau de 1 à 2 mètres, à rameaux très flexibles, couverts, ainsi que les bourgeons et la face inférieure des feuilles, de poils étoilés pulvérulents.
Les tiges très flexibles de cet arbuste servaient à faire des liens pour les fagots et le chaume des toitures.
Ses fleurs sont blanches et ses fruits, des baies ovoïdes-comprimées, sont vertes, rouges, puis noires quand elles sont mûres. Les 2 dernières couleurs cohabitent sur un même corymbe. Photos INPN.
Dans ce genre : Viburnum opulus et Viburnum tinus.

Vesce hirsute, Ervilia hirsuta, Vicia hirsuta.

FloreAlpes : Cette petite vesce très fluette passe facilement inaperçue dans les friches, pelouses et lisières où elle pousse. Ses fleurs sont blanches et minuscules, groupées en petites grappes lâches. L’ensemble de la plante est velu, ce qui permet la distinction d’avec V. tetrasperma. (petites fleurs roses).

Vicia sativa

Vicia sativa, Vesce cultivée. Diffère des forme sauvages (V. segetalis) par des gousses très grosses (> 8 mm de largeur) et des corolles très grandes (18-28 mm) et très contrastées en couleur. Lien .
A été utilisée dans l’alimentation humaine et animale depuis le néolithique.
Sauvages du Poitou: Elle a signé un pacte ancestral: des nectaires situées à la base de ses feuilles entretiennent la présence des fourmis qui s’en régalent. En contrepartie, ces dernières patrouillent sur les tiges, assurant la garde rapprochée de la plante et tenant à l’écart les insectes parasites ou autres prédateurs. On désigne ce genre de contrat amical avec le peuple fourmi par le terme myrmécophilie.
 A l’image d’autres Fabacées (voir notre article sur la Luzerne tachetée), la Vesce cultivée possède sur ses racines de petites boules blanches nommées nodosités. Celles-ci logent des bactéries très utiles, capables d’utiliser l’azote atmosphérique pour fabriquer des ressources qu’elles partagent volontiers avec leur hôte.

Vicia sepium, Vesce des haies, se rencontre dans les bois, sur le bord des chemins et les pelouses.
Ses fleurs joliment nervurées, dont la couleur va du bleu au rose, à étendard veiné de violet foncé sont
groupées en grappe de 1 à 5 fleurs, portées par un pédoncule assez long.
N.B. : Calice velu à dents inégales (photo2) et Petite écaille noire à l’aisselle des feuilles.

Vincetoxicum hirundinaria

Vincetoxicum hirundinaria, le dompte-venin, Asclépiadacée.
Francini-mycologie.fr : Pousse sur les sols rocailleux et les éboulis. Fleurs blanc verdâtre, à cinq pétales soudés en forme d’étoile. Feuilles opposées. Toxique. La déhiscence des fruits se fait en fuseaux ovoïdes, laissant échapper à l’automne des graines munies d’une aigrette de poils au sommet. Monde de LUPA.
Voir sur ce site: Balade 2 semaine 43, 29 octobre 2023

Elle aussi a bien profité de l’action « Reconquête des pelouses calcicoles du Mâconnais« .

Pourr maintenir ces espaces, le site Natura 2000 s’appuie sur des partenaires éleveurs au niveau de d’autres sites autour de la roche de Solutré:

Auteur/autrice

  • Biologiste amateur et photographe amateur, amoureux de la nature, je partage ici mes observations faites au cours de mes promenades.
    Ce blog est dédié à tous les naturalistes qui oeuvrent au quotidien
    pour l'étude et la préservation de la nature qui nous entoure.
    Comme le site insectes.org, jai l'intime conviction que les connaissances, qu'elles soient le fait d'amateurs ou de scientifiques de renom, doivent être mises à la disposition de chacun, pour former une bourse du savoir gratuite et sans prétention. Je compte sur l'indulgence bienveillante du lecteur à l'égard des fautes dont cet article est, comme les bonnes viandes, persillé. Merci de ne pas hésiter à me les signaler dans vos commentaires.

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